Vers la fin des financiers dans les Brasseries

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Les déboires du Groupe Frères Blanc sonnent-ils le début de la fin des financiers dans les brasseries parisiennes ? Les Echos ont révélé le 19 mai que le Groupe Frères Blanc (Procope, Chez Jenny, Au Pied de Cochon, Chez Clément etc.) faisait l’objet depuis quatre mois d’une procédure de mandat ad hoc, afin d’aboutir à une restructuration financière. Elle devrait prendre la forme d’une recapitalisation par les actionnaires, – CDC Capital Investissement filiale de la Caisse des Dépôts et Crédit Agricole Private Equity- , à hauteur de 10 millions d’euros sur 2009-2010 et d’un report d’échéance du remboursement de la dette en 2010. Une dette qui atteindrait les 100 millions d’euros principalement supportée par Calyon, filiale du Crédit Agricole.

En 2005, rien ne semblait devoir arrêter les financiers – à commencer par ceux de la Caisse des Dépôts- dans leurs boulimies de grandes brasseries dont les prix avaient atteint alors des sommets himalayesques. Aujourd’hui, les tableurs excels semblent ne plus faire bon ménage avec les rognons et céleris rémoulade. Autre géant touché, Groupe Flo qui a annoncé une baisse de chiffre d’affaires sur ses brasseries de 15,5% pour le premier trimestre 2009 et la fin de ses Bistrots Romains.

Pour certains les déboires du Groupe Frères Blancs ne sont que les prémisses d’un mouvement de fond. «Ils vont tous y passer, les uns après les autres. Car ceux qui ne sont pas proches de leurs clients voient aujourd’hui leur chiffre d’affaires chuter de 30%» explique le patron d’une grande brasserie du boulevard Saint-Germain. Les Costes avec leurs dizaines d’affaires limiteraient leurs baisses à 8%. C’est un peu moins pour les affaires du groupe Joulie. Formés à la dure derrière les comptoirs, ces néo-bougnats parviennent à juguler la baisse. Ce qui ne sera pas le cas des financiers qui ont cru que la restauration était un business comme un autre…et qui aujourd’hui déchantent. En conclusion, il y a donc fort à parier que les prix des beaux emplacements vont baisser. De là à rêver qu’on retrouvera la saveur des choucroutes d’antan dans des brasseries parisiennes dignes de ce nom, il y a un pas.

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