Accord salarial dans la restauration : L’Umih invoque la représentativité

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umih1_logoLe 15 mars, lors de l’élection confédérale, les adhérents de l’Umih ont élu à une très forte majorité (80,20% des voix exprimées) Roland Héguy et Hervé Bécam, président et vice-président de l’Umih.

Dans leurs premières déclarations, les nouveaux dirigeants de l’UMIH n’ont pas fait dans la dentelle à propos de l’accord social : «Nous ne pouvons pas admettre que les représentants de seulement 5 000 entreprises aient eu la crédibilité de signer, alors qu’il y a 200 000 entreprises CHR en France. Nous n’admettons pas, non plus, qu’un texte dont nous avons créé l’architecture à 85% soit floué au dernier moment par des organisations minoritaires.» expliquait Roland Héguy dans une interview donnée à l’Hôtellerie Restauration. Et de poursuivre en expliquant que le Conseil d’administration de l’UMIH s’était prononcé pour le lancement d’une action juridique sur la représentativité.

En réponse, Didier Chenet, président du Synhorcat, les a pris au mot. « Chiche ! Comme ça on pourra voir quelle est vraiment la représentativité de l’Umih. Moi, je serais à leur place, je m’occuperais d’abord de balayer devant ma porte …» Une petite pique en référence à l’occupation forcée de son bureau par l’ancienne présidente de l’Umih Christine Pujol.

Au-delà de ces péripéties, les débats dans la profession s’articulent de plus en plus autour d’une ligne de clivage relativement claire. D’un côté, les indépendants avec une vision patrimoniale, de l’autre des chaînes avec des critères de gestion et de valorisation différents.

Façon d’enfoncer le coin, on rappellera que les trois organisations patronales signataires de l’accord social, la CPIH, la FAGIHT et le Synhorcat ont lancé le 1er mars une Fédération des HCR Indépendants. Objectif : rallier les entreprises familiales dont les objectifs sont la valorisation et la transmission de leur patrimoine. Une vision qui s’oppose à la logique financière des chaînes. La Fédération pourrait attirer dans ses filets bien des indépendants de l’Umih qui soupçonnent la direction du syndicat de faire le jeu du groupe Accor via, son syndicat associé, le GNC (Groupement National des Chaînes) qui détient 22% des voix.

D’ailleurs, à l’intérieur de l’Umih, certains membres -pourtant peu cléments pour Christine Pujol- ont du mal à avaler l’élection de Roland Héguy. «Ce n’est pas un vote, c’est une nomination ! » explique ainsi Claude Balthazar, président de l’Umih de l’Aveyron. «Comment nier qu’il y ait un clivage à l’UMIH, poursuit le syndicaliste aveyronnais. L’accord social favorise les indépendants qui ont besoin d’attirer du personnel. Mais il convient beaucoup moins aux grandes chaînes. »
Et Claude Balthazar d’enfoncer le clou. «Roland Héguy est le “porte-flingue” de personnes à l’UMIH qui tirent les ficelles pour leur intérêt personnel…» Qui ? Il n’en dira pas plus. Mais il explique que les fonds destinés à la formation ont aiguisé pas mal d’appétits…Et l’homme de pointer le risque que nombre d’indépendants ne s’y reconnaissant plus, n’aillent voir ailleurs. On le voit élection ou pas, l’Umih ne semble pas encore avoir achevé sa mue. En quittant l’Umih, André Daguin, soupçonnait-il qu’il allait déclencher une telle machine infernale ?

pujol_umih1Quand la Pasionaria du CHR reçoit le soutien des Chouans !
Le 18 mars, après huit jours d’occupation de son bureau et quatre jours après l’élection du nouveau président de l’UMIH, l’ex-présidente de l’Umih, Christine Pujol, continuait de monter ses paniers-repas par la fenêtre avec une ficelle. La veille, elle avait reçu le soutien des syndicats d’hôteliers et de restaurateurs des départements Loire-Atlantique et Maine-et-Loire Ils contestent l’assemblée générale extraordinaire et le coup de force qui avait, selon eux, permis en novembre à certains élus de prendre le pouvoir et de la destituer…

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