Les députés adoptent une hausse des taxes sur la bière

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Les députés adoptent une hausse des taxes sur la bière pour financer la Sécurité Sociale

Il est fort probable qu’à partir du 1er janvier 2013 le prix du demi augmente sérieusement. Les députés ont voté jeudi 25 octobre une augmentation de la taxe sur les bières (droit d’accise) dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.

demi_pression1Cette hausse de la taxe sur les bières dont le degré alcoologique excède 2,8° devrait rapporter environ 480 millions d’euros et financer la branche maladie de la Sécurité sociale. Le lobbying intense des brasseurs opposés à la mesure – relayé notamment par les parlementaires du nord de l’Hexagone- aura au moins eu un effet. Les brasseries indépendantes -environ 450 entités employant 1500 personnes- dont la production annuelle est inférieure ou égale à 200.000 hectolitres seront soumis à un régime allégé.

Reste à savoir de combien le demi augmentera réellement si la loi était votée ? Le porte-parole de Brasseurs de France évoque 40 centimes – ce qui ferait passer le demi au comptoir à près de 3€- tandis que le ministre délégué au budget et les députés PS qui ont défendu le texte évoquent eux une hausse de 5 centimes pour les grandes bières et de 1 centime pour celles brassées artisanalement. « C’est une hausse de 5 centimes au départ de la brasserie, soit 20%. La question est de savoir comment les intermédiaires et notamment les distributeurs du CHD répercuteront la hausse ?» explique-t-on en substance chez Brasseurs de France.

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Cette loi va-t-elle enfoncer un coin entre les géants mondiaux comme Heineken qui multiplie les bénéfices et les acquisitions et les petits brasseries ? Pour l’instant, le monde de la bière ne parle que d’une voix, celle des Brasseurs de France. Et jusqu’à maintenant, le ciment semble bien tenir. A preuve, la Brasserie Duyck, brasserie du Nord qui n’a cessé de croître. «On a toute notre place au sein de Brasseurs de France. Certains essayent d’opposer les petits et les grands mais nos combats sont les mêmes, car l’augmentation présumée de la bière sera de 25% quelle que soit la taille du brasseur» explique Raymond Duyck président de la brasserie éponyme.

D’autres indépendants sont plus réservés. «On sait bien que Brasseurs de France défendent d’abord la vision d’Heineken et de Kronembourg et que nos intérêts ne sont pas les leurs. Mais s’il faut manifester, on ira. Car en bout de compte c’est le consommateur qui sera pénalisé» explique pour sa part un petit brasseur indépendant du Massif Central qui insiste également sur le mieux-boire. Une chose est sûre : la hausse ne passe pas chez les Brasseurs. Et des rumeurs d’appel à la manifestation se font jour. Si la grogne venait à s’amalgamer avec celle du CHR contre les projets de hausse de TVA, la situation pourrait commencer à sentir le roussi pour le gouvernement.

Le « Red Bull » taxé 50 € par hectolitre
Les députés ont adopté une taxe spécifique de 50 euros par hectolitre pour les boissons énergisantes contenant un seuil minimal de 0,22 gramme de caféine pour un litre ou un seuil minimal de 0,30 gramme de taurine pour un litre. C’est moins dans les bistrots que dans les boîtes de nuit que la mesure devrait se faire sentir où les commandes sont les plus nombreuses.

Un coup de massue de plus sur le café rural ?
Ce sont les derniers cafés de campagne qui risquent de faire les frais de l’augmentation du prix du demi. Les syndicats de la restauration n’ont pas manqué d’exprimer leur opposition à cette attaque du demi qui fait vivre leurs comptoirs. «La consommation de la bière chaque année dans nos établissements, c’est deux milliards de demis, c’est 4,5 millions d’hectolitres, c’est 25% du chiffre d’affaires de nos établissements», écrit l’Umih dans son communiqué.

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