Le contrôle des entrepositaires par les brasseurs

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Historiquement, les brasseurs -surtout dans le nord de l’Europe- ont toujours tenté de s’assurer une maîtrise de leur réseau de distribution. Certains ont été propriétaires des débits de boisson qu’ils mettaient en location.

Aujourd’hui, les brasseurs recourent aux contrats de franchise. Ils apportent alors une enseigne, un savoir faire et aussi une assistance. C’est le cas avec InBev avec la chaîne de pub Au Bureau. Naturellement, la clause d’exclusivité perdure.
Mais cette maîtrise du réseau de distribution est passée par le contrôle des entrepositaires. Indispensable, l’entrepositaire comme son nom l’indique, dispose d’entrepôts et livre les fûts de bière chaque semaine aux cafés. Comme pour les brasseurs, la concentration fait aussi son œuvre. Leur nombre aurait baissé de moitié en 20 ans de 2000 à 1000 en France.

Spécificité parisienne, les distributeurs intégrés à des brasseurs représentent près de 90 % du marché parisien. Et qui sont les brasseurs ? Sinon les trois grands, Heineken, Kronembourg et InBev.

«Les barrières à l’entrée sur les marchés de la distribution de la bière, l’absence d’alternative à la distribution par des entrepositaires-grossistes et l’incapacité des CHR à faire contrepoids permettent aux brasseurs intégrés de verrouiller l’accès à la distribution dès lors que les distributeurs indépendants n’offrent plus un débouché suffisant. D’ores et déjà, la part des brasseurs tiers dans les ventes des réseaux intégrés a diminué depuis 1996. Si la modernisation de la distribution de la bière et l’intégration verticale des brasseurs permettent des gains d’efficacité non contestables, ceux-ci ne sont pas de nature à compenser les effets restrictifs de concurrence d’une fermeture de la distribution aux brasseurs non intégrés et aux nouveaux entrants.» estimait le Conseil de la Concurrence dans un avis en date du 18 mai 2004 relatif à plusieurs acquisitions d’entrepôts réalisées par le groupe Scottish & Newcastle-Kronenbourg dans le secteur de la distribution de bières dans le circuit CHR.

Histoire : Les bougnats de l’entreposage.
A Paris, accompagnant leurs compatriotes bougnats dans leur développement tout au long du XXe siècle, nombreux sont ceux qui ont créé des entreprises d’entreposage. Aujourd’hui, des entreprises comme Bertrand ou Tafanel, bien que rachetées par les brasseurs, sont encore incontournables sur le pavé parisien.
Les affinités entre leurs représentants et patrons de bistro originaires du même village expliquent encore pour une bonne partie cet état de fait. Leurs représentants ne se contentent pas de placer les boissons, la partie la plus “juteuse“ de leur métier est bien de servir d’interface lors des transactions des fonds de commerce. A ce jeu, certains se font constitués des petites fortunes….

Parts de marchés des trois grands brasseurs en bière pression à Paris.
Heineken via France-Boissons et ses filiales comme SA Bertrand : de 40 à 50%
Kronembourg : de 30 à 40%
InBev (ex-Interbrew) : moins de 10%

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