28 avril 2009 : Etats Généraux de la Restauration

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Le 1er juillet, les prix devraient baisser au bistro grâce à l’application de la TVA à 5,5% annoncée par Nicolas Sarkozy le 28 avril. Dans la foulée un “Contrat d’Avenir de la Restauration» a été signé avec neuf organisations syndicales à l’occasion des Etats Généraux de la Restauration. La TVA à 5,5 %, c ’est un cadeau de l’Etat de 3 milliards d’€, l’équivalent d’un porte-avion comme l’a rappelé la ministre de l’Economie qui s’attend donc à une baisse de 11,8% des prix notamment sur les plats du jour, menu et autres cafés…

Hervé Novelli et Christine Lagarde entouré des Maîtres Restaurateurs dans la cour de Bercy le 28 avril.

Hervé Novelli et Christine Lagarde entouré des Maîtres Restaurateurs dans la cour de Bercy le 28 avril.

En effet, les restaurateurs devront baisser les prix d’au moins sept produits sur une liste de dix : entrée, plat chaud, plat du jour, dessert, menu entrée plat, menu plat dessert, menu enfant, un jus de fruit ou un soda, une eau minérale, un café, un thé ou une infusion.
Les cafetiers devront eux, répercuter intégralement la baisse de la TVA sur le prix du café, du thé et d’une boisson fraîche, au comptoir comme en salle.
Ce 11,8% de baisse n’est-il pas un peu trop utopiste derrière sa rectitude mathématique ? Disons qu’il est symbolique comme le café au comptoir à 1€. En tout cas, on sera fixé durant l’été sur le pouvoir d’influence des syndicats de la restauration qui jouent gros en la matière à commencer par l’UIMH très fortement soutenue par Accor et son concurrent francilien, le Synhorcat, qui représente 10 000 adhérents et 100 000 salariés principalement sur l’Ile-de-France. Car, il n’y aura pas de sanction pour ceux qui ne baisseront pas les prix. Simplement pour Hervé Novelli, Secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et moyennes entreprises, du Tourisme, si ce contrat de confiance venait à ne pas être respecté, il ne fait pas de doute que les consommateurs se détourneraient des établissements rétifs… En tout cas, une affichette signalant la baisse TVA est prévue pour ceux qui joueront le jeu…Sera-t-elle une garantie ?

Il y a aussi 20 000 emplois.
La restauration en France compte plus de 185 000 entreprises pour 600 000 salariés, la baisse de la TVA devrait entraîner selon les engagements des syndicats 40 000 créations de postes en deux ans, dont 20 000 emplois nouveaux pérennes et 20 000 jeunes en apprentissage et alternance. Mais là encore, le doute subsiste sur les véritables motivations des restaurateurs dont beaucoup sont des entrepreneurs confrontés à une conjoncture plus que morose…

Et un milliard d’€ pour moderniser les équipements.
Un fonds de modernisation bénéficiant d’une convention signée avec OSEO sera institué afin d’aider notamment la mise aux normes des établissements en matière d’hygiène, d’accessibilité pour les handicapés, d’amélioration du confort, d’informatisation. L’objectif est d’apporter au secteur 1 milliard d’euros en trois ans. Un bel effort sur le papier, sauf à redouter que l’essentiel de ces financements ne soient captés par les chaînes au détriment des indépendants…

Les sans-culottes parisiens des bistrots sur leur quant-à-soi
Rien que du beau linge ! Maîtres queues de gastronomie, barons de la profession, syndicalistes professionnels, patrons de belles affaires et de groupes de restauration et autres cadors de la chronique culinaire, tous ont rallié avec ferveur ces Etats Généraux du 28 avril. Les “sans-culottes” des bistrots de Paname ont en revanche singulièrement manqué à l’appel du 28 avril… La crise et une certaine défiance culturelle face aux grands raouts technocratiques les a rivés à leurs comptoirs.
Nombre d’entre eux n’ont pas attendu que leurs syndicats leur demande de faire passer le café à 1€ au comptoir. Quant à baisser de 11,8% le prix des menus le 1er juillet prochain, ce sera peut-être une autre paire de manche…

La TVA en baisse, d’accord et le vin ?
La baisse de la TVA ne concerne évidemment pas les boissons alcoolisées. N’empêche, le verre de vin d’Oc de coopérative payé 6 € en terrasse voilà le genre de petit scandale du quotidien auquel nos contemporains ne s’habituent pas.
Baisse de TVA ou pas, les clients -mais aussi les viticulteurs-, aimeraient voir certains patrons modérer leurs culbutes sur le vin. Il semble que les temps que nous vivons les y poussent. Ainsi, les chutes continues de chiffre d’affaires -parfois de 30 %- dans des quartiers comme Montmartre, poussent les bistrots intelligents à alléger singulièrement le prix de leurs bouteilles.

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