Du Rififi au Synhorcat

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Le 15 septembre, le Tribunal de Grande Instance de Paris a invalidé l’élection de Didier Chenet à la présidence du Synhorcat, intervenue dix mois plus tôt. L’action avait été engagée par des adhérents et anciens membres du Comité directeur.

Ils estimaient que Didier Chenet ne remplissait pas les conditions d’éligibilité à la présidence dans la mesure où il n’exploitait plus d’établissement à titre personnel et “que la résolution soumise le 18 septembre au vote du Comité directeur et tendant à faire constater en termes généraux l’éligibilité d’un mandataire à la présidence n’a pas recueilli la majorité des deux tiers exigée par les statuts.”

Deux jours plus tard, un comité directeur se réunissait. Conformément aux statuts Jean-Luc Binet, premier vice-président était nommé président. Surtout, ce comité directeur ratifiait «à l’unanimité l’intégralité des actes passés par Didier Chenet »(ci-dessus) . Ouf ! c’est lui qui a signé l’accord pour la baisse de la TVA.

Est-ce le dernier acte ou le premier acte d’une longue guerre intestine au Synhorcat ? Le fait est que l’élection à la présidence du Synhorcat de Didier Chenet a créé un clivage entre deux clans qui s’accusent des pires maux. «Sauf qu’à l’époque, personne ne s’est présenté contre Didier Chenet» explique Jean-Pierre Chedal, président de la branche restaurant. Les uns lui reprochent des licenciements litigieux et des vices de procédures, un tempérament peu conciliant, ses partisans affirment, eux, que Didier Chenet aurait découvert des malversations passées notamment dans la gestion du parc immobilier… Bref, un climat lourd, fait de chicaneries judiciaires, d’aigreurs et de rumeurs, d’allégations improuvables.

Le Synhorcat n’est pas n’importe quel syndicat professionnel. Très riche, il dispose d’un patrimoine immobilier – composé de quelques immeubles- et gère des centaines de studios appartenant à des centaines de patrons de cafés pour les besoins de leurs personnels. A ce titre aussi, une action en justice aurait été également intentée pour la société immobilière.

Si ces querelles passent très haut au-dessus de la tête de milliers d’indépendants, il n’en va pas de même de quelques chaînes et groupes de restauration qui peuvent avoir des intérêts très fort à peser dans les choix du Synhorcat. Sans oublier qu’il est également collecteur des fonds de formation pour un montant qui avoisinerait les 600 000 €.

Il n’en demeure pas moins que l’affaire fait un peu désordre alors que la restauration traverse une période de profondes réformes et que le pouvoir politique attend beaucoup d’elle notamment en termes d’emplois et de baisses des prix. Le Synhorcat -première organisation en Ile-de-France- s’est engagé pour une baisse de la TVA. Celle-ci n’aurait finalement baissé que d’environ 1,6% sur juillet et août selon les services d’Hervé Novelli…

Au Synhorcat, on joue la sérénité : « Tout cela va se terminer.» On devrait en savoir plus le 24 octobre, puisque les listes des candidats doivent êtres déposées un mois avant l’assemblée générale élective prévue le 24 novembre. Y-aura-t-il enfin un vrai débat dans la transparence ce jour-là ? C’est tout ce qu’on peut souhaiter au Synhorcat.

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