Le Synhorcat veut promouvoir le « doggy bag » à la française. Mauvais signe pour la qualité de l’assiette ?

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Le 12 octobre, le Synhorcat a signé un accord avec la société TakeAway*, jeune start-up qui commercialise des « doggy bags ». Il s’agit de promouvoir auprès des professionnels une solution destinée à proposer à leurs clients des « doggy bags » dans le cadre de la lutte contre le gaspillage alimentaire.

Soit. Que voilà un bel effort vertueux. Mais on est tenté de se demander si le Synhorcat n’a pas oublié qu’on était en France alors que ce « sac pour toutou » demeure culturellement ancré dans la civilisation américaine comme témoignage d’une consommation poussée à l’excès. Né aux USA dans les années 40, il consistait initialement à ramener les os et autres reliefs de son repas à son animal de compagnie pour ne pas gaspiller en temps de guerre. Peu à peu, l’usage s’est transformé, principalement à partir des années 80, quand les assiettes servies dans les restaurants US ont commencé à ressembler à des jumbo-cargos débordant de steaks de 500 g, de crème, de frites baignant dans des mers de ketchup. Les convives américains raisonnables ont donc recouru aux « doggy bags » pour ramener à manger chez eux, façon de ne pas jeter l’argent par les fenêtres.

En France, dans la restauration traditionnelle, la taille des assiettes -et c’est heureux- n’a pas connu un tel accroissement. Ce fut même souvent l’effet inverse à écouter le son dominant renvoyé par les micro-trottoirs. Un effet de la bistronomie et de l’implication des chefs dans les bistrots qui n’ont pas oublié de bien peser les rations ?

Ajoutez à cela, les vestiges d’une éducation chez les plus de 40 ans où l’on finit son assiette comme maman nous l’a seriné quand on était petit. Et cela fait douter un peu de cet engouement pour le doggy bag. «Je n’ai jamais vu un client m’en demander un »  témoigne, par exemple, Aimé Cougoureux, patron de » A ma Bourgogne », place des Vosges et qui reçoit des touristes de tous les continents. «Ici les assiettes on les finit ou alors c’est qu’il y a un problème. Idem pour les bouteilles.» De là à conclure que cette convention du Synhorcat avec TakeAway est réservée aux restaurants servant alors des assiettes improbables, il ne faut sans doute pas mettre tout dans le même sac…

Le service TakeAway comprend une signalétique gratuite visant à informer le consommateur de la disponibilité des produits au sein de l’établissement. Ce dernier sera ainsi référencé sur le site internet de l’entreprise (www.takeaway-group.com).

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