Contrôles d’hygiène dans les restaurants: Quelle publicité ?

0

hygiene_QR_CodeComment communiquer sur les résultats d’un contrôle d’hygiène a fortiori s’il n’est pas positif ? C’est tout le problème lié à l’article 45 de la loi d’Avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt (LAAAF) qui prévoit que les résultats des contrôles officiels dans les établissements agroalimentaires, et notamment des restaurants, seront rendus publics. Ce n’était pas le cas avec les enquêtes de la DGCCRF qui se contentaient de donner des statistiques générales et jamais circonstanciées.

Le sujet, éminemment sensible, risque de faire tousser plus d’un restaurateur. La Direction générale de l’alimentation (DGAL) avait proposé en 2014 d’apposer des smileys sur les portes des restaurants au grand dam de la profession.

Désormais, il faudra consulter le site du ministère de l’Agriculture pour accéder aux résultats des contrôles d’hygiène. Pour obtenir les résultats, on pourra scanner un QR code sur la devanture du restaurant avec son smartphone à condition que le restaurateur contrôlé ait apposé l’autocollant sur sa devanture. Le visiteur du site pourra alors savoir si le niveau d’hygiène aura été jugé « bon », « acceptable » ou  » à améliorer, mesures correctives requises ».

Le dispositif va être testé à Paris et en Avignon à partir du 1er juillet 2015. Le résultat du contrôle restera en ligne trois mois sur le site du ministère. Les syndicats tels que l’UMIH craignent que l’information surtout si elle est mauvaise ne soit reprise sans limite sur les réseaux sociaux. C’est bien là le risque. D’autant plus difficile à admettre pour certains que la fréquence des contrôles à Paris varie selon les établissements de un à trois ans.

Contrôles de la DGCCRF : comment dit-on « enfumage » en langage administratif ?

Bien perspicace celui capable de se faire une idée pertinente des résultats des contrôles de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes). Carole Delga, secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation, a assuré que la DGCCRF avait augmenté ses effectifs en 2014.

Soit. Mais si l’on compare le bilan de l’action sur la DGCCRF des années 2010 et 2014, c’est à en perdre son latin. Ou alors, il y a vraiment une chute significative du nombre de contrôles. Ou alors les choses se sont nettement améliorées et les plans de formations hygiène et autres méthodes « Haccp » (Analyse des dangers et points critiques dans les process d’industriels agro-alimentaires) ont porté leurs fruits au-delà de tous les espoirs.

Ainsi, si l’on en croit les chiffres fournis au fil des ans par la DGCCRF, en 2010 alors sous la responsabilité de Frédéric Lefebvre, 100 000 actions de contrôles avaient été menées auprès des CHR (incluant donc les hôtels)…contre 17 000 restaurants contrôlés en 2014.

En 2014, 510 établissements ont écopé d’un PV contre 2000 PV distribués en 2010…Alors quoi, l’administration est-elle quatre fois plus clémente ? Les restaurants quatre fois plus vertueux ? Ou
fifti fifti ? Pour achever de charger le tableau, en 2010, on évoquait un « taux d’infraction » de 14%. En 2015, on parle d’un « taux d’anomalie » de 27%. Quatre fois moins de PV, deux fois plus d’anomalies que d’infractions, comment dit-on enfumage en langage administratif de Bercy ?

Partager sur :

Les commentaires sont fermés.