Congrès du Synhorcat 2014

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Un XIIe congrès du Synhorcat marqué par la résistance et l’alliance.

La moindre affluence au XIIe congrès du Synhorcat n’a pas empêché Didier Chenet de tenir un discours de clôture résolument offensif devant une salle conquise. Le président du Synhorcat s’est fait presque gaulliste – façon époque londonienne du Général- sur le thème de la résistance avant d’aborder une phase d’organisation et de proposition. Par exemple, avec la création du jeune GNI (Groupement National des Indépendants), union de la CPIH (Confédération des professionnels indépendants de l’hôtellerie), de la Fagiht (Fédération Autonome Générale de l’Industrie Hôtelière et Touristique) et du Synhorcat (Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs). L’assemblée constitutive et l’élection du président du GNI se tiendra le 18 novembre lors du salon Equip’Hotel.

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Le patron du Synhorcat n’a pas eu besoin de forcer la dose sur l’art oratoire. Les motifs de grogne de la profession semblent n’avoir jamais été aussi nombreux : pression fiscale, charges étouffantes, complexité des contrats de travail à temps partiel, redevances de la Sacem et de la Spre, « fait du prince » par l’administration, mesures kafkaïennes visant par exemple lors de la signature du contrat d’apprentissage à demander la production des factures de tous les appareils tranchants de la cuisine. Même si certains points abordés durant le Congrès semblaient plus anecdotiques que d’autres. Comme ces « food-trucks » parfois exempts de patentes ou ces « restaurants » clandestins sur internet, la complainte corporatiste sous forme d’inventaire à la Prévert n’était pas complètement infondée.

A la conjoncture économique noire qui a entrainé selon Didier Chenet, une baisse d’activité de 6% pour les cafés et les brasseries au 3e trimestre 2014, s’ajoute en cette fin d’année une avalanche d’annonces et de normes que les professionnels ont du mal à digérer. Accessibilité, fait-maison, publication des allergènes… Des normes qui ne cessent d’évoluer au gré des rédactions de circulaires. «Ça part dans tous les sens on et ne sait pas forcément comment traiter toutes ces nouvelles règles » explique un patron. «On se demande bien si ce qui est valable aujourd’hui le sera encore dans six mois ? »

Didier Chenet, coprésident du nouveau GNI (Groupement National des Indépendants) a eu beau jeu de rappeler les « victoires » syndicales comme l’inclusion du droit de transmission du droit de terrasse en cas de vente de fonds de commerce – encore qu’il semble que le maire de Paris, Anne Hidalgo, y semble fermement opposée- ou plus récemment le retrait du projet sur l’augmentation du nombre des Licences IV qui en avait ému plus d’un.
Bref, compte tenu de la situation, la création de ce GNI s’impose. Encore faut-il espérer qu’il ne soit pas « plombé» par des luttes de pouvoir et d’ambitions personnelles qui sont le fait de toutes les organisations syndicales en général mais aussi et surtout de la restauration en particulier.

Oui au « Fait maison », dans un « Restaurant » mais sans Artisan Cuisinier !
« Ne cédez pas à la pression des vieux ringards…en créant le statut d’artisan cuisinier.» Didier Chenet a exhorté Carole Delga, secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation à renoncer à la création d’un statut d’artisan cuisinier. Pas question de créer une caste dans la restauration. « Alain Ducasse est d’accord avec nous. D’autant qu’on a déjà des difficultés à trouver des jeunes pour le service en salle… Nous sommes vent debout devant un tel statut.» a expliqué en substance le président du Synhorcat qui continue de défendre vaille que vaille l’appellation Restaurant.
Pour sa part, Carole Delga lui a répondu qu’il était étonnant que le métier de cuisinier ne figurait pas dans le répertoire des métiers. Et que cet artisan cuisinier serait juste un statut établi sur la base du volontariat mais en aucun cas un titre. Bien des membres du Synhorcat craignent que ce statut n’ait à terme des conséquences financières défavorables lors d’une rupture de contrat devant les prud’hommes.

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