Richard, Lavazza, Kimbo, Segafredo et les autres…

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Le Monde se concentre dans une tasse de café.
A Paris Richard, Lavazza, Kimbo, Segafredo et les autres

 

En Ile-de-France, la Maison Richard domine le marché à plus de 50% avec environ 7500 affaires. Suivie par Lavazza, Segafredo et Kimbo, partenaire napolitain de France Boissons. En revanche, contrairement à d’autres produits, les fournisseurs pour indépendants type Métro ou Bistro Cash, sont à la peine sur ce créneau. «Si de plus en plus de bistrots répugnent à se lier les mains avec leurs fournisseurs, peu de clients ont la démarche d’avoir leurs propres machines et d’acheter eux-mêmes leur café. » explique Grégory Sandrin, fondateur de l’enseigne Bistro Cash.  Et pour cause la machine à café installée et entretenue, les jeux de tasses et soucoupes offerts sont des arguments de poids pour le patron. Même si, au fil des ans, ces arguments se payent… Un prix d’autant plus élevé en temps de crise si l’on n’atteint pas le volume sur lequel on s’est engagé.
Le chauvinisme aveyronnais des descendants des bougnats joue de moins en moins pour expliquer le leadership de la Maison Richard sur Paris et l’Ile-de-France. Le service personnalisé et le soutien aux patrons en cas de coup durs lui ont permis de résister à l’offensive italienne des espresso de ces dernières années. Question qualité, le fait d’avoir été choisi devant Illy, au termes d’une dégustation compétition pour élaborer le café du chef trois fois étoilé Michel Bras marque un savoir-faire certain.

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Une chose est sûre, le café en CHR n’est pas épargné par la férocité de la concurrence. Chez France Boissons, on revendique 800 points de vente dans Paris pour le café de son partenaire napolitain Kimbo . «En matière de café, nous sommes partis de zéro voilà dix ans, nous en somme à 1300 tonnes de café kimbo sur la France. Nous sommes plus chers que nos clients mais nos prix garantissent un accroissment de la qualité. Chaque fois qu’on remplace un petit torréfacteur français, l’affaire réalise un chiffre d’affaires café en croissance de 20% environ. » explique Gilles Babikian porte-parole de France-Boissons. Son de cloche voisin chez Segafredo. « Nous n’hésitons pas à proposer notre café à l’essai durant trois semaines aux restaurateurs car nous savons qu’il induit une hausse du chiffre d’affaires café» explique pour sa part Hugues Stevenson, directeur marketing de Segafredo.

Malheureusement, il y a aussi comme partout, la recherche du prix à tout prix. Rien n’empêchera même une grande affaire de chaîne de servir un café payé 3€ ou 4 € le kg. Qui s’en plaindra ? On renvoie une bouteille, on ne renvoie pas un café.

Cette compétion contribue paradoxalement à la désertion des comptoirs. Ainsi de Lavazza qui propose ses machines automatiques aux entreprises quelle que soit leur taille. Une concurrence modérément appréciée par ceux qui sont derrière le comptoir. Ne parlons pas d’Illy qui décrète dans ses communiqués la mort du bistrot pour annoncer la naissance de sa chaîne d’espressamente

Cafés : la hantise de la démarque
L’an 2000 n’a pas fait disparaître les Thénardiers… Ceux qui vendent de l’andouillette industrielle sous un label 5 A auront sans doute peu de scrupules à moudre du café de “fond de cale“ acheté 5€ le kg et à le servir dans une tasse griffée du nom d’un grand torréfacteur.

Personne n’en parle, mais la démarque est bien la hantise du torréfacteur autant pour la perte de chiffre d’affaires qu’elle occasionne que pour l’atteinte à l’image de la marque quand le café servi est aussi amer qu’imbuvable.  Quel client ira demander au patron de lui montrer le paquet de café qu’il vient de moudre ? Signe qui ne trompe pas, «rien n’est plus difficile, explique-t-on chez Segafredo, que de récupérer en fin d’un contrat les soucoupes et les tasses

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