Accord salarial dans la restauration

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Contrat d’Avenir / Acte II
 

novelli_dec09Un accord salarial a donc été signé le 15 décembre 2009 entre 5 syndicats de salariés, (CFDT, CFTC, CGC, CGT et FO) et 3 organisations patronales, la CIPH, la FAGIHT, et le Synhorcat. Il devrait sans doute rendre enfin les métiers de la restauration plus attractifs.

Premier point, les 800.000 salariés du secteur ayant au moins quatre mois d’ancienneté recevront une « prime TVA » représentant 2% du salaire annuel brut et plafonnée à 500 €. Il y aura également une hausse des salaires avec une revalorisation moyenne de la grille salariale de 5%. De ce fait, un salarié au SMIC à temps plein pourra escompter 600 € de plus de pouvoir d’achat par an et 1500 € par an pour un salarié qualifié. L’accord prévoit également deux jours fériés supplémentaires et la création d’une mutuelle santé pour la branche.

Pour Hervé Novelli, qui présidait le 15 décembre le Comité de suivi du Contrat d’Avenir, cet accord social apporte un coin de ciel bleu dans un tableau jusqu’à présent plus noir. La baisse de la TVA était au centre des critiques pour le peu d’empressement des restaurateurs à en faire profiter le consommateur. Un fait d’ailleurs confirmé par l’enquête Insee de novembre qui a tablé sur une augmentation de 0,1% des prix dans la restauration soit une baisse depuis juillet de 1,4% dans ce secteur. Moitié moins que les attentes du gouvernement. En revanche, une enquête conduite par la DGCCRF sur 3670 établissements et 21 000 produits, tend à démontrer que 55% des restaurateurs ont baissé les prix d’au moins 7 produits.
L’accord salarial pourrait donc redorer un peu le blason de la profession. Ainsi, sur les 2,4 milliards d’euros obtenus avec la baisse de la TVA, le patronat chiffre son effort social à 1 milliard d’euros.
On notera l’absence de signature de l’UMIH, première organisation patronale, encore victime du psychodrame du congrès de Nantes et du bicéphalisme Daguin-Pujol qui en a résulté. C’est donc le Synhorcat qui a pu s’affirmer d’où une prédominance de la profession parisienne dans cette négociation. Même s’il ne faut pas oublier que les grands groupes de restauration de chaînes, (Groupe Flo, Groupe Frères Blanc et Groupe Olivier Bertrand), avaient claqué la porte du Synhorcat quelques jours plus tôt pour rejoindre le SNRTC (Syndicat National de la Restauration Thématique et Commerciale. Habituées à tailler dans les coûts, les chaînes semblent plus à l’aise pour baisser les prix que pour s’engager sur des augmentations de salaires. Car chacun le sait, des salaires en hausse, ce sont des dividendes en moins… Dès lors, les fonds de pension et autres groupes financiers, actionnaires de ces chaînes, ne goûtent guère ce genre d’accord de branche. 
Reste l’emploi, le 3ème volet du Contrat d’Avenir. Pour 2010, Hervé Novelli a évoqué pour le seul secteur de la restauration de chaîne, une prévision de créations de 6500 emplois. Or, la question se pose de savoir si l’accord salarial ne va pas déshabiller Pierre pour habiller Paul. En clair, les avantages consentis aux salariés ne vont-ils pas conduire les patrons à réduire les embauches et du coup à remettre en cause l’objectif du Contrat d’Avenir de 40.000  créations d’emplois en trois ans, dont 20.000 pérennes. La persistance ou non de la crise économique jouera en cela un rôle décisif.

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