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CULTURE BISTRO
>> Histoire des Comptoirs
Cinq “escholiers” tués dans une taverne.
Sous
les Capétiens, les étudiants du Quartier Latin,
qu’on appelle alors écoliers, comptent parmi
les clients les plus fidèles des tavernes. Ce ne sont
pas les moins turbulents. François
Villon, est assez représentatif de “l'écolier“
parisien.
Paris, attire alors des jeunes de toute l’Europe. Ils
se massent sur les flancs de la Montagne Sainte-Geneviève.
Ils sortent armés, chahutent voire violentent les femmes,
et payent moins qu’à leur tour leurs écots
aux taverniers. Quand ils ont le dessus, les taverniers et
leurs garçons attrapent les mauvais payeurs, les mettent
nus comme des vers et les jettent dehors. L’assistance
se régale davantage bien sûr quand il neige ou
que le thermomètre est en dessous de 0.
Mais tout n’est pas aussi drôle. Il y a aussi
des bagarres mortelles. En 1200, l’une d’entre
elles débouche sur une véritable crise d’état.
Le domestique d'un écolier allemand s’en était
allé, le broc à la main, chercher du vin pour
son patron chez le tavernier du coin. Incompréhension,
dispute, ivresse, une bagarre éclate entre le tavernier
appuyé par des bourgeois et des étudiants. Les
hommes du prévôt, (la police) arrivent et prêtent
main-forte aux bourgeois. Bilan : cinq morts parmi les écoliers
L'affaire n’en reste pas là. L’Université
de Paris se met en grève. Le roi doit céder.
Il fait emprisonner le prévôt tandis que les
maisons des meurtriers sont démolies et leurs vignes
arrachées.
“Au bout d'un an cependant, les écoliers, bons
bougres, demandèrent que le prévôt et
ses hommes fussent remis en liberté, mais à
la condition d'être fouettés par les «
suppôts » de l'Université. Philippe répondit
que son honneur ne le permettrait pas. ” relatait Pierre
Dominique dans un numéro du Crapouillot en 1960.
Bien sûr, au-delà du fait divers, il y a la réelle
lutte de pouvoir entre le roi et l’Université
de Paris. L’université et ses clercs disposeront
après ce fait divers d’un privilège spécial.
Après 1200, les hommes du Prévôt n’auront
plus le droit de porter la main sur un écolier sauf
flagrant délit et à fortiori de pénétrer
dans l’Université.
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