 |
CULTURE BISTRO
>> Histoire des Comptoirs
Les cafés surréalistes
Autre remise en cause de l’ordre
social les surréalistes.
Ils s’appellent Breton, Eluard, Leiris, Bunuël.
Il remontent du quartier Latin vers la place Blanche en s’arrêtant
souvent dans les cafés autour de la Bourse, écrivent
collectivement des “poèmes automatiques”
capables de faire remonter les désirs profonds et de
faire la nique à la Raison et surtout à la Société.
Les surréalistes, animés par la volonté
d’une transformation radicale et d’une exploration
du monde en profondeur sont guidés par André
Breton. En fait, jamais les bistros n’ont servi de cadre
et sans doute inspiré une telle volonté de remise
en cause de la vie sous toutes ses formes, une telle recherche
de la Liberté sans limite et sur tous les plans. Breton,
l’auteur du Manifeste du Surréalisme (1924) choisit
souvent lui-même les cafés où se dérouleront
les réunions surréalistes. celles-ci ont surtout
lieu au Cyrano, place Blanche, parfois dans un autre Batifol,
rue du Faubourg-Saint-Martin.
«… les cafés surréalistes ont
ceci de particulier qu'ils sont le centre de gravité
du collectif. Si la poésie doit comme l'électricité
«se recharger en milieu isolé», le collectif
a par excellence son antre dans le café. Le café
est lui-même un lieu important".
Ainsi, dans l'hiver 1925, le groupe, afin d'éviter
la compagnie de quelques fâcheux, décida de quitter
le Cyrano, place Blanche, et se retrouva dans un autre café
sur les hauteurs de Montmartre. Las le lieu était sinistre,
la mauvaise humeur s'abattit sur le groupe. Mieux valait affronter
les indésirables qu'être plombé : toute
boisson perd sa saveur si elle est bue dans un lieu détestable..»
écrit à ce sujet Marie-Dominique Massoni
sur le site du Groupe de Paris du Mouvement Surréaliste
(http://ed.surrealistes.free.fr/index.htm).
Inutile de préciser qu’à partir de 1927,
quand les Surréalistes commencent à adhérer
au Parti Communiste, les débats prennent parfois un
tour enragé avec ses exclusions. Il est difficile d’admettre
qu’Aragon accepte de soumettre son œuvre au Parti
ou pire de juger Trotski. Alors les scissions succèdent
aux scissions. Qu’il est dur d’être Au Service
De La Révolution…
|
 |
Breton et ses disciples font de
ses apéritifs un “cérémonial d'allégeance
envers Breton“ comme le relève André Thirion
dans Révolutionnaires sans Révolution. «Cette
assemblée quotidienne d'une partie du groupe permettait
de faire face à l'événement, d'esquisser
sans délai des attaques, d'imaginer des parades, et
de ne pas attendre pour agir. Les réunions servaient
aussi d'épreuves aux nouveaux venus. On allait au café
vers midi, on y retournait à 7 heures. Breton aimait
y retrouver son monde…»
|