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Les Hydropathes et les fumistes rient jaune de Saint-Germain des Prés au Chat Noir de Montmartre



Ca ne rigole plus du tout à Paname. La fin de la Commune et le massacre des Communards par les Versaillais sont difficiles à digérer pour les poètes et la jeunesse. Mac Mahon laisse peser un ordre moral. A la répression versaillaise vient le temps de l’expiation contre les fautes commises. On en appelle à Dieu et partout on collecte des fonds pour construire des églises. A commencer par le Sacré-Cœur à Paris.

Et pourtant un nouveau rire défie l’ordre social. Il vient des profondeurs de certains cabarets et de cafés de Paris. Il résonne d’abord dans les cafés de la Rive Gauche, parfois chez Lipp. Les Hydropathes –dont le nom décliné de la même psychopathe est tout un programme si l’on se rappelle qu’hydro signifie Eau- .

Les Hydropathes sont des jeunes poètes jubilants qui ont décidé de se réunir d’abord dans des cafés de la rive gauche pour déclamer leurs œuvres. Pitreries, chansons loufoques, gags et gros coups, ils s'organisent par exemple des funérailles bidon, cultivent le rire jusqu’à l’absurde, parfois. Le mouvement prendra racine au Café de l’Avenir à côté de la place Saint-Michel, mais ils ne tarderont pas à traverser la Seine et à se rapprocher de la butte. Alfred Jarry et son Ubu Roi est évidemment de la partie.

Leur esprit va donner ses lettres de noblesse à des cabarets comme l’incontournable Chat noir de Rodolphe Salis qui va donner un autre sens au mot cabaret et attirer à Montmartre le Tout-Paris. Salis sera suivi par Aristide Bruant avec son Mirliton. Le modèle du patron qui sait engueuler ses clients. Quant aux Hydropathes, on les appellera aussi plus tard les fumistes. On y trouve Alphonse Allais. Les fumistes sont des précurseurs du Dadaïsme et du Surréalisme.

 

A ce sujet lire notamment l'interview de Laurent Bourdelas, auteur de l'Ivresse des Rimes