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CULTURE BISTRO
>> Histoire des Comptoirs
Les cafés historiques autour
du Palais-Royal 1/3
Café Véry, café
Foy, café du Caveau, café des Mille Colonnes,
le café de la Régence … De nombreux cafés
tripots et restaurants fleurissent sous les arcades du Palais-Royal
sous l’Ancien Régime et pendant la Révolution.
Le long des galeries pullulent cabinets de lectures, librairies
et de nombreuses boutiques dont la boutique du coutelier où
Charlotte Corday achète en 1793 le couteau qui ôte
la vie à Marat.
Diderot, Chamfort, Restif de la Bretonne, Madame de Staël,
Fragonard, Jan Potocki sont des familiers des lieux. Fragonard,
pour l'anecdote, décède d'apoplexie dans l'un
de ces cafés en dégustant un sorbet !
Les jardins du palais Royal sont en cette fin du XVIII°
siècle incontestablement le point de rendez-vous favori
des nobles, bourgeois et artistes et de tous les adeptes de
la liberté de pensée. 
Les opposants aux régimes en place y appelaient à
prendre les armes, comme Camille Desmoulins le 12 juillet
1789, qui harangue la foule et constitue avec les feuilles
d’un marronnier du jardin les premières cocardes
arborées par les Parisiens.
Les livres de Rousseau et de Voltaire, interdits par la censure,
compteront parmi les ouvrages préférés
des promeneurs.
Liberté de pensée mais aussi liberté
des mœurs. Car le soir venu les arcades du palais Royal
laissent la place aux courtisanes et « filles de joies
» décrites par Balzac dans les Illusions perdues.
Phénomène qui s’amplifie, favorisé
par l'ouverture tardive des jardins : 23h00 en hiver et 1h00
du matin en été.

L'animation du Palais-Royal cesse brusquement en 1836, lorsque
Louis-Philippe ordonne la fermeture des salles de jeu et des
tripots. Les galeries tombentalors très vite dans l'oubli,
délaissées sous le Second Empire par les bourgeois
et les classes populaires au profit des Grands Boulevards.
Une statistique officielle de 1852 nous apprend que le quartier
du Palais-Royal était encore à l'époque
le plus riche en bordels.
De nos jours, quelques boutiques et cafés tentent de
perpétuer la tradition mais on est bien loin des heures
de gloire du Palais Royal où l’on pouvait recenser
sous ses arcades près d’une quinzaine de cafés.
Il reste aujourd'hui le Grand Véfour.
Ce restaurant particulièrement apprécié
de Voltaire et connu sous le nom de Café de Chartres
au XVIIIème siècle, occupe une partie des arcades
au fond du jardin, à l'arrière du théâtre
du Palais-Royal dans la galerie de Beaujolais entre les n°79
et 82.
Le Grand-Véfour accueille Murat, l'explorateur Humboldt,
le duc de Berry, Lamartine, Thiers ou Sainte-Beuve…Tandis
que dans les appartements perchés au-dessus du café,
se croisent Danton, Robespierre ou Fabre d'Eglantine. Lamartine
puis Ste Beuve y déjeunent de la poitrine de mouton
et haricots.
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Camille Desmoulins qui apprenant
le renvoi de Necker, monte le 13 juillet 1789 sur une table
du café de Foy. Il appelle la foule aux
armes. :
"Citoyens, j'arrive de Versailles. Le renvoi de Necker est le tocsin d'une
Saint-Barthélemy des patriotes. Des bataillons suisses et allemands sont
groupés dans le Champ de Mars, ils en sortiront pour nous égorger.
Il ne nous reste plus qu'une seule ressource, c'est de courir aux armes et de
prendre des cocardes pour nous reconnaître. Le vert, couleur de l'espérance,
sera la nôtre".
Il fait des cocardes avec des feuilles arrachées aux marronniers.
La prise de la Bastille intervient le lendemain.
Ce fut réellement dans
le café de la Régence, que Diderot rencontre
le héros de sa "Satire seconde", le célèbre
Neveu. Diderot est un familier du lieu qu'il fréquente
en même temps que Marmontel et Jean-Jacques Rousseau.
Diderot nous indique que ce café créé en
1718 est tenu jusqu'en 1745 par un certain Rey.
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