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CULTURE BISTRO
>> Histoire des Comptoirs
Ramponeaux, le plus célèbre
des cabaretiers parisiens du XVIIIème siècle
Il est
un cabaretier de Paris qui a tellement marqué les mémoires
de son temps, qu’il a laissé son nom à
une rue de Paris. Ramponeaux. Même si on lui a ôté
un X, c’est bien du même dont on parle. (1724-1802)
Son cabaret, le Tambour Royal, a fait déplacer
en masse les Parisiens des Lumières. Installé
à hauteur du 36 de la rue du Faubourg du Temple (qui
conduisait aux hauteurs de Belleville). D’abord baptisé
Cabaret des Marronniers, et déjà connu,
c’est avec Ramponeaux qui le rebaptise Tambour Royal,
que l’endroit va devenir vraiment célèbre par toutes les
couches de la société : soldats, courtisanes,
artisans, nobles. On pouvait y voir une illustration du patron
à cheval sur un tonneau qui fit écrire à
un gazetier de l’époque les mots suivants :
« Voyez la France accourir au tonneau
Qui sert de trône à Monsieur Ramponeaux.»
Ramponeaux va transmettre au quartier de la courtille un succès
qui durera jusqu’en 1840. Un quartier très connu
pour son carnaval baptisé descente de la Courtille.
Ramponeaux écrase les prix !
Ramponeaux eut l'idée –révolutionnaire dans
cet Ancien Régime corseté par les corporations de "casser
les prix". Son vin n’était pas plus mauvais,
mais il était bien moins cher que ses confrères.
Du coup, au Tambour Royal, il y avait autant de clients dehors
que dedans.
En bon entrepreneur, Ramponeaux ne s’arrêta pas au Tambour Royal. Si l’on en croit Jacques Hillairet
dans son excellent ouvrage “Connaissance du Vieux
Paris“, il racheta le Cabaret de la Grande
Pinte (où est se dresse aujourd’hui l’église
de la Trinité) en 1772 pour le rebaptiser Les Porcherons.
Il y a appliqué la même politique de prix bas
avec le même succès. Il vendait la pinte de vin
blanc (93 cl) 3,5 sols au lieu de 4,5 ailleurs. Avec une salle
capable de contenir 600 personnes, il accueillait toutes les
classes de Paris, y compris des grandes dames déguisées
en soubrettes venues à dessin s’encanailler avec
la roture. Ramponeaux avait tellement d’entregent que
Voltaire plaida sa cause dans un procès qui opposa
le cabaretier à un organisateur de spectacle à
qui il avait fait bond.
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