 |
CULTURE BISTRO
>> Histoire des Comptoirs
Le cabaret des amis poètes,
XVIème et XVIIéme siècle
Racine, La Fontaine et Molière versifient au Mouton Blanc (suite)

A force de vin on chante au cabaret. Cette atmosphère
convient à Molière, Racine ou la Fontaine qui
cherchent l’inspiration tout en vidant des pots . C'est
d'ailleurs au fameux Mouton Blanc, rue du Vieux-Colombier
que Racine écrira ses Plaideurs, surveillé de
près par Boileau. Il y d'autres endroits réputés,
c'étaient le Petit Panier, rue Trousse-Vache,
actuellement rue de la Reynie, les Bons Enfants,
dans la rue de ce nom, la Petite Bastille, au pont
Saint-Paul, la Galerie, rue Saint-Jacques, l'Alliance, rue
des Fossés-Saint-Germain, ... ou encore la Grande
Pinte, à Bercy (lire ci-contre).
D'autant qu'une fragrance nouvelle et stimulante pour l'esprit
est venue épicer l’odeur souvent fétide des
tavernes : la fumée produite par combustion de la plante
que Jean Nicot* a
ramené des Indes en 1559.
*A cette époque apparaissent
les premiers tabacs où l’on boit et fume des
pipes à discrétion. Fidèle à sa
logique de pression fiscale, le régime a vite compris
le bénéfice qu’il pouvait tirer du tabac
en créant une taxe.
Suite avec le portrait du plus grand cabaretier du XVIIIe, le sieur Ramponeaux
|
|
Pas touche au Vin crient les
sujets parigots du
Grand Louis !
Sous Louis XIV, le
vin est autant taxé que le super sous Chirac. Mais
quand les limites sont dépassées, l'émeute
menace.
Et
comme au toujours depuis Lutèce, le vin continuait
d’être un élément essentiel dans
la vie du Parisien. Il lui permet de supporter sa triste condition.
Il fait rentrer des deniers dans les caisses de l'Etat. En
témoigne une émeute des cabaretiers rapportée
par René Pillorget dans l’Ouvrage Paris sous
les Bourbons, (Nouvelle Histoire de Paris).
Le 3 février 1631, les cabaretiers s’enflamment
contre la nouvelle fiscalité du vin et manifestent
devant l’Hôtel de Ville, ils se ruent sur la maison
du Fermier Général (l'homme chargé d’encaisser
impôts et taxes). La manif tourne à l’émeute.
Deux morts.
Cartouche à la Grande
Pinte.
Sous la Régence, tout Paris
se rue au Cabaret de la Grande Pinte. Y compris les grands
bandits de l’époque. Comme le célèbre
Cartouche, magnifiquement incarné par Jean-Paul Belmondo.
Régulièrement pour échapper à
la police du régent, Cartouche passait par le puits
qui se trouvait au milieu de la Cour du Cabaret. A un mètre
en-dessous de la surface du sol, un souterrain masqué
lui permettait de s’évanouir dans la campagne.
Las ! Ses sorties dans les cabarets finiront pourtant
par le perdre, Cartouche sera arrêté à
la Courtille de Belleville et rompu vif en place de Grève
en 1721 (place de l’Hôtel de Ville). |