CULTURE BISTRO
>> Histoire des Comptoirs


LES GRANDS BOULEVARDS (1/2)
“L’heure verte” sur les zincs et grands boulevards.




Chaque soir vers 18h, sur les terrasses des boulevards ou sur les zincs des petits troquets, sonne “l’heure verte”. Le rituel de l’absinthe est généralisé dans les dizaines de milliers de cafés français. Comme tout culte, il a ses objets sacrés : le grand verre soufflé avec sa boule pour signer la dose exacte de l'élixir transparent, la cuillère percée et souvent ouvragée sur laquelle on dépose le sucre et ses fontaines aux fins robinets qui laissaient couler l'eau fraîche sur le sucre en troublant le liquide.


Le culte de la Fée Verte remplit de joie les bistrotiers riches ou pauvres car il est synonyme de clients nombreux et fidèles. La mode de l’absinthe a été ramenée d’Algérie après leur campagne contre Abdel Khader par les soldats. Ils en ont fait une boisson virile et thérapeutique.
Evidemment, les artistes de Montmartre, Toulouse Lautrec en tête, se plongent avec délices dans le cérémonial de la cuillère percée.

Suite

 

 

 



Le Café Anglais et Adolphe Dugléré

A la fin du second Empire, le Café Anglais devint le plus snob de tous et le plus couru. Son chef, l’un des plus célèbres de Paris, Adolphe Dugléré, devint l’un des plus grands cuisiniers de cette époque. On lui doit le potage Germiny, potage doublement capitaliste : puisqu’à l’oseille, et dédié au Comte Germiny, gouverneur de la Banque de France. Adolphe Dugléré, formera André Terrail, futur patron de la Tour d’Argent. C'est lui aussi qui a composé le menu du célèbre dîner dit des "Trois Empereurs" qui réunit le tsar Alexandre II, le tsarévitch Alexandre, le roi de Prusse Guillaume Ier et Bismarck. Nous sommes en 1867, lors de l'Exposition universelle de Paris.