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CULTURE BISTRO
>> Histoire des Comptoirs
- Paris XIXème Siècle
LES
GRANDS BOULEVARDS (1/2)
Viens sur les grands boulevards
!
De
Waterloo à la Belle Epoque, les Grands Boulevards
ont attiré dans leurs cafés immensément
célèbres, le Tout Paris et les têtes
couronnées de la vieille Europe. Du Café de
la Paix à Tortoni, ce fut l'âge
d'or des cafés.
Mais les cafés des grands ne sauraient faire oublier le
chaudron révolutionnaire qui bouillonne tout au long du
siècle dans les cabarets des faubourgs.
Outrageux
et extravagants gandins* et dandys ! Les "minets"
de la Restauration s’affichent sur les cafés
des grands boulevards*. Les pieds calés sur la chaise,
ils lorgnent le défilé des belles qui se promènent
sous leurs ombrelles en lançant des œillades andalouses.
Avec le XIXème siècle, le centre de Paris s’est
déplacé vers la partie Ouest, vers les boulevards
des Capucines, des Italiens et de la Madeleine... Ce sont
les royalistes qui ont d’abord choisi de s’y fixer,
d’où l’appellation de Petit-Coblentz (référence
aux Emigrés qui s’étaient réfugiés
à Coblence durant la Terreur), car le Palais Royal,
était jugé trop “révolutionnaire”.
Des terrasses des grands boulevards en mars 1814, on a regardé
et applaudi aux défilés des troupes des coalisés
: Cosaques, Autrichiens, Prussiens, Anglais venus conclure
l’aventure napoléonienne.
Tout au long du XIXème, les cafés des grands
boulevards vont donner le ton et lancer les modes pour longtemps.
Des cafetiers de génie ont accompagné ce déplacement
de l’élite festive de la restauration.
A commencer par Tortoni* , durant
les deux tiers du XIXème son nom va évoquer
Paris et ses cafés. Près de deux siècles
après son compatriote Procope,
Tortoni, glacier Napolitain a su attirer les plus mondains
avec des glaces, des miroirs, des candélabres et sa
terrasse. Mais il n’est pas seul évidemment.
*
le terme Gandin provient du nouveau nom donné à
la Restauration aux boulevards, le boulevard de Gand.
*C’est à Louis
XIV que l’on doit la création des boulevards
des Capucines, après la destruction des enceintes
du Paris médiéval de Charles V.
*Tortoni est depuis
1858, l'un des cafés les plus célèbres
de Buenos Aires.
Suite
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Honoré de
Balzac : “les Illusions perdues”
“Lucien donna vivement
un soufflet à Michel, qui ne s'y attendait pas. Les dandies
et les amis de Michel se jetèrent entre le républicain
et le royaliste, afin que cette lutte ne prît pas un caractère
populacier. Rastignac saisit Lucien et l'emmena chez lui, rue
Taitbout [Dans le Furne : Taibout, coquille typographique.], à deux
pas de cette scène, qui avait lieu sur le boulevard de
Gand, à l'heure du dîner. Cette circonstance évita
les rassemblements d'usage en pareil cas. De Marsay vint chercher
Lucien, que les deux dandies forcèrent à dîner
joyeusement avec eux au café Anglais, où ils se
grisèrent.
- Etes-vous fort à l'épée ? lui dit de Marsay.
- Je n'en ai jamais manié.
- Au pistolet ? dit Rastignac.
- Je n'ai pas dans ma vie tiré un seul coup de pistolet.
- Vous avez pour vous le hasard, vous êtes un terrible adversaire,
vous pouvez tuer votre homme, dit de Marsay. |