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La Closerie des Lilas : au cœur de la vie intellectuelle et artistique parisienne 2/2


Incontestablement, la Closerie des Lilas doit sa renommée à Paul Fort, élu « prince des poètes » en 1912 qui réussit à faire de la Closerie des Lilas comme il l’avait tant souhaité « un centre international des arts et lettres ».

Avec la guerre de 14-18, la Closerie des Lilas va perdre un peu de son éclat. Et affronte la dure concurrence des cafés du boulevard Saint Germain. Notamment le café de Flore. Les habitués de la Closerie et du Café de Flore ne s’y mélangent guère. Et pour cause, ils étaient intellectuellement complètement opposés. Anti-Dreyfusards pour le premier, Dreyfusards pour le second. La Closerie réunit les républicains et les hommes de gauche (Lénine et Trotsky y venaient souvent) tandis que le café de Flore devient le siège de la droite et de Charles Maurras.

Qu’en est-il aujourd’hui de la Closerie ? Derrière les banquettes de moleskine rouge, la traditionnelle barre de cuivre pour les chapeaux, le sol en mosaïques, les vieilles glaces et lambris de bois, on y croise toujours une clientèle d’intello, de bourgeois chics, de bobos, de snobs et d‘artistes qui se côtoient.
La Closerie est bien loin d’être passée de mode… Philippe Sollers et ses auteurs y viennent régulièrement. Toute une série de jeunes acteurs comme Virginie Ledoyen, Guillaume Canet, Melville Poupeau. Etienne Roda-Gil. Et Renaud y passe une bonne partie de ses journées…



Autre figure emblématique de la Closerie des Lilas : Hemingway qui par ses témoignages nous livre le Paris des années 20. C’est d’ailleurs à la Closerie qu’Hemingway rencontre Scott Fitzgerald et John dos Passos.
"Je m’assis dans un coin, dans la lumière de l’après qui filtrait par-dessus mon épaule, et je me mis à noircir mon cahier. Le garçon m’apporta un café crème et j’en bus la moitié quand il fut un peu refroidi et laissai l’autre moitié dans la tasse pendant que j’écrivais. Puis je cessai d’écrire ; mais je me refusais à abandonner le fleuve où je pouvais voir nager une truite dans un trou, tandis que la surface de l’eau se gonflait doucement sous la poussée du courant contre les pilotis du pont." "Paris : la ville la mieux faite pour permettre à un écrivain d’écrire."
Paris est une fête. Ernest Hemingway.
Hemingway possède une plaque de cuivre sur le comptoir du célèbre bar américain.


Le café des ombres de Paul Fort