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CULTURE BISTRO
>> Histoire des Comptoirs
Le café de la Paix
Les Grands Boulevards sont le centre de
la vie sociale, véritable promenade urbaine vouée
à la flânerie ostentatoire, rythmée par
les innombrables cafés, théâtres et autres
lieux d’attraction du public.
Sous le second Empire, ils sont à leur apogée
: la presse se fixe dans les 2e et 9e arrondissements, à
proximité de la Bourse, de l’hôtel Drouot,
des théâtres et des cafés politiques.
La construction de l’Opéra Garnier et du Grand
Hôtel de la Paix avec son Café incarnent la quintessence
de l'architecture impériale et symbolisent l’essor
de la société bourgeoise et du capitalisme naissant.
Dorures
clinquantes, colonnes en stuc et chapiteaux corinthiens, hauts
plafonds, plafond décoré de figures mythologiques,
mobilier d’empereur, comme les tables en marbre avec
pieds de lion en bronze ...
Racheté par le britannique
Intercontinental, le café de la Paix s'est refait une
beauté mettant ainsi en valeur tous les mobiliers et
peinture d'origine. Ce qui permet de donner une idée
exacte de ce qu'était un café sous le second
Empire.
Le succès du Café de la
Paix est inséparable de l'ouverture de l'opéra
Garnier et de la création de l'avenue de l'Opéra
en 1875. Fruit des travaux d'Haussmann qui fait paraître
en 1860 un décret déclarant d'utilité
d'utilité publique la création d'un nouvel Opéra.
Le Café de la Paix situé juste devant la "Patisserie
Lyrique" devient aussitôt le lieu de rendez-vous
du Tout Paris sous le second Empire. Artistes, écrivains,
journalistes, gens de théâtre mais aussi tout
le monde de finance s'y retrouvent.
Le Grand Hôtel dont il dépend a été
inauguré en 1862 en grande pompe par la princesse Eugénie.
Jacques Offenbach en personne dirigeant l'orchestre du bal.
Proust y vient régulièrement,
tout comme Maupassant, Zola, Oscar Wilde, Gide, Tristan Bernard.
Plus tard, Marlène Dietrich y sera assidue.
Hemingway y écrira des
passages dans "le Soleil se lève aussi" fréquente
beaucoup l'établissement. On raconte qu'un jour avec
sa femme lors de leur premier séjour parisien, ils
n'ont pas suffisamment d'argent pour payer le repas pris au
Café de la Paix. Du coup, Ernest est obligé
de filer à son hôtel pour chercher des sous.
Une position stratégique qui
ne s'est jamais démentie
Cette position stratégique en plein coeur du
Paris des affaires ne se dément pas tout au long de
l'histoire. En 1914, les taxis de la Marne en route pour le
front défilent devant l'établissement. Clémenceau
assiste en 1918 depuis le premier étage du café
de la Paix au défilé des Troupes devant l'Opéra.
Fermé pendant toute la seconde guerre mondiale, le
Café rouvre ses portes pour servir le premier repas
du Général de Gaulle dans ce Paris enfin libéré.
Avec ses 42 mètres de long
de terrasse, le café de la Paix attire toujours une
clientèle d'habitués, de parisiens et d'étrangers.
Il a fait l'objet d'une rénovation totale de sa décoration.
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Café de
la Paix et Cinéma
Première projection
Le sous-sol du café de la Paix appelé salon
indien accueille le 28 décembre 1895 la première
projection publique cinématographique, organisé
sous la houlette du Père Lumière.
Cette première recette a rapporté à son
organisateur 33 francs, il n'était guère plus
d'une cinquantaine. 8 à 10 films sont projetés.
La durée de la projection n'excède pas 20 minutes.
"This is Paris !"
La première émission en directe avec
les Etats-unis est organisée depuis le Café
de la Paix en novembre 1949. parmi les invités : Henri
Salvador et Maurice Chevalier.
« Dictionnaire Céline »,
de Philippe Alméras (Plon, 880 pages, 33 euro).
L'attribution du premier prix Goncourt se
déroule le 26 février 1903 dans un «salon
pour noces» du Grand Hôtel, près de l'Opéra,
où le célèbre Escoffier règne
dans les cuisines.
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