CULTURE BISTRO
>> Histoire des Comptoirs

Montmartre et la Nouvelle Athènes déclarent la guerre à l'académisme de l'Empire

Dans les Cabarets des faubourgs un autre monde se dessine, et Montmartre décolle.
Derrière le Paris scintillant et luxueux du Second Empire avec ses grands boulevards et ses cafés prestigieux, il y a un autre Paris. Il gronde et grouille sous l’effet d’une urbanisation mal ou pas maîtrisée, d’une Révolution industrielle qui crée un prolétariat miséreux rejeté dans les faubourgs par les travaux du baron Haussmann.
Vers 1860, alors que les faubourgs sont englobés dans Paris et accèdent au statut d’arrondissement, bien des artistes prennent le chemin de la butte Montmartre, des Batignolles où Manet en chef de file officie au Café Guerbois ou au Café de la Nouvelle Athènes de la place Pigalle pour la vue ou le loyer. Ils rejettent l’académisme de l’Empire et ses poncifs.

Le précurseur a été Courbet, chantre du réalisme pictural. Après le cabaret du Père Lathuile, le peintre prend ses habitudes au Cabaret de la Grande Poule rue des Martyrs puis à la Brasserie des Martyrs avec d'autres peintres tels Bonnat ou Stevens. Mais à mesure que leur art évolue, les artistes continuent leur ascension vers Montmartre. Suite


Le Cabaret du Père Lathuile

Au Cabaret du Père Lathuile, avenue de Clichy -célèbre pour sa résistance en 1814 contre les troupes des coalisés qui tentaient de rentrer dans Paris – Courbet a sans doute pensé à son origine du monde. Ce gros plan pictural sur un pubis.

 

A l’époque de la douce impératrice Eugénie, le tableau est vécu comme une déclaration de

guerre à l’establishment, ceux-là même qui fréquentent les grands cafés des boulevards.
Les conservateurs feront passer Courbet à la caisse.
Accusé d’avoir inspiré la Chute de la colonne Vendôme sous la Commune, Courbet sera poursuivi et terminera sa vie, ruiné sous le poids des réparations à payer.

 

......Montmartre donne un nouveau sens au Cabaret, Garçon tiré du tableau de Manet Chez Le Père Lathuile