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CULTURE BISTRO
>> Histoire des Comptoirs
Une Belle Epoque entre cocottes
et apaches !
Pendant que les ouvriers des faubourgs
triment et “s’anarchisent“, les cocottes
et les apaches défrayent la chronique parisienne. Dans
cette société bourgeoise et puritaine où
la province catholique veut faire expier à la Capitale
la Commune, Paris devient la « lumière»
du monde. Mais pas pour sa vertu, plutôt pour ses "petites
femmes» dont le mythe naît à cette époque.

“Des
grandes horizontales aux pierreuses ! “
Bien que la prostitution ait été de toutes les
époques l’une des principales « industries
» de la capitale, les longues cohortes des femmes de
petite vertu vont symboliser un Paris du plaisir à
la fin du XIXème siècle. Un pôle magnétique
dans l’Europe pour tous les amateurs de sensations et
de couleurs, à commencer par le futur Roi d’Angleterre
Edouard VI, grand amateur...
Les cocottes sont partout et d’abord au café, devant
ou derrière le comptoir. Elles ont leur hiérarchie.
Tout en haut, les mythiques, celles pour lesquelles les grands
se ruinent. Une Nana de Zola ou une Odette de Crécy de Proust,
appartiennent à cette catégorie appelée les “grandes
horizontales“. Au-dessous, il y a toute une hiérarchie,
entre les danseuses du Moulin Rouge si aimée par Toulouse-Lautrec,
aux modistes intermittentes, pour finir dans les faubourgs par
les “pierreuses“, qui œuvrent à l’ombre
des “fortifs“...
Quand les “cocottes” investissent
les brasseries
Alors que le nombre de bordels parisiens tombe de 200
en 1850 à 110, trente ans plus tard, le nombre de filles
quant à lui ne diminue pas. Elles ont investi les brasseries,
plus de 1000 serveuses forts “serviables“ œuvrent
dans 200 brasseries*. «Dans ces brasseries, les
filles circulent librement en se permettant toutes les privautés,
et les clients rivalisent de zèle avec les servantes
: l’immoralité ne connaît pas de limite.»,
écrit dans ses mémoires le chef de la police
de l’époque, cité par Alfred Fierro dans
son dictionnaire de Paris.
*Lire le chapitre consacré à la
prostitution dans l’excellent Histoire et dictionnaire
de Paris d’Alfred Fierro chez Robert Laffont.
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Casque
d'Or et les apaches
Le Paris de la Belle Epoque n'était
pas plus sûr que celui de Delanoë. Au contraire,
les apaches, ces mauvais garçons qui appartiennent
en général à la pègre, faisaient
régler leur loi sur le pavé des faubourgs de
Belleville. Ils effraient le bourgeois, par leur culte du
corps, leur code et leur violence mortelle. Quand l’apache
surine un bistrotier, ce dernier s’en remet rarement.
Les apaches fascinent et scandalisent
à la fois par leur mode de vie, oisif et leur besoin
de reconnaissance sociale. Ils accordent une importance extravagante
au look et à l’apparence extérieure.

Libres, les femmes des apaches,
n'étaient pas leurs soumises, mais leurs égales.
Pour preuve l'affaire de Casque d’Or en 1901 où
deux chefs de bandes du 11ème arrondissement entre
Roquette et Chemin Vert se livrent à une vendetta durant
plusieurs mois pour les beaux yeux d'une belle. Un mythe se
créé dans l'opinion, relayé par la presse
et popularisé par Jacques Becker, un demi-siècle
plus tard.
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