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CULTURE BISTRO
>> Cafés et belles
lettres
Nana d'Emile Zola
Bien
que la prostitution ait été de toutes les époques
l’une des principales
« industries » de la capitale, les longues cohortes
des femmes de petite vertu vont symboliser un Paris du plaisir
à la fin du XIXème siècle. Un pôle
magnétique dans l’Europe pour tous les amateurs
de sensations et de couleurs, à commencer par le futur
Roi d’Angleterre Edouard VI, grand amateur...
Les cocottes sont partout et d’abord au café,
devant ou derrière le comptoir. Elles ont leur hiérarchie.
Tout en haut, les mythiques, celles pour lesquelles les grands
se ruinent. Une Nana de Zola.
«Cependant
Mignon venait d'entraîner Steiner au café des
Variétés. Voyant le succès de Nana, il
s'était mis à parler d'elle avec enthousiasme,
tout en surveillant le banquier du coin de l'oeil. Il le connaissait,
deux fois, il l'avait aidé à tromper Rose, puis,
le caprice passé, l'avait ramené, repentant
et fidèle. Dans le café, les consommateurs trop
nombreux se serraient autour des tables de marbre; quelques-uns
buvaient debout, précipitamment; et les larges glaces
reflétaient à l'infini cette cohue de têtes,
agrandissaient démesurément l'étroite
salle, avec ses trois lustres, ses banquettes de moleskine,
son escalier tournant drapé de rouge. Steiner alla
se placer à une table de la première salle,
ouverte sur le boulevard, dont on avait enlevé les
portes un peu tôt pour la saison.»
Extrait de Nana d'Emile Zola.
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