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CULTURE BISTRO
>> Cafés et belles
lettres
Traité du café par Balzac
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Balzac buvait presque trente tasses de cafés
par jour. Il consacra une étude approfondie au café et à ses
effets sur l'homme. Personne d'autre que lui n'achetait son
café ou ne procédait à son mélange.
Extraits du Traité des excitants modernes, (1838).
DU CAFÉ
"Sur cette matière, Brillat-Savarin est loin
d'être complet. Je puis ajouter quelque chose à ce qu'il dit sur
le café, dont je fais usage de manière à pouvoir en observer
les effets sur une grande échelle. Le café est un torréfiant
intérieur. Beaucoup de gens accordent au café le pouvoir de donner
de l'esprit ; mais tout le monde a pu vérifier que les ennuyeux ennuient
bien davantage après en avoir pris. Enfin, quoique les épiciers
soient ouverts à Paris jusqu'à minuit, certains auteurs n'en deviennent
pas plus spirituels.
Comme l'a fort bien observé Brillat-Savarin, le café met
en mouvement le sang, en fait jaillir les esprits moteurs ; excitation
qui précipite la digestion, chasse le sommeil, et permet
d'entretenir pendant un peu plus longtemps l'exercice des facultés
cérébrales.
Je me permets de modifier cet article de Brillat-Savarin par des
expériences personnelles et les observations de quelques
grands esprits.
Le café agit sur le diaphragme et les plexus de l'estomac,
d'où il gagne le cerveau par des irradiations inappréciables
et qui échappent à toute analyse ; néanmoins,
on peut présumer que le fluide nerveux est le conducteur
de l'électricité que dégage cette substance
qu'elle trouve ou met en action chez nous. Son pouvoir n'est ni
constant ni absolu. Rossini a éprouvé sur lui-même
les effets que j'avais déjà observés sur moi.
- Le café, m'a-t-il dit, est une affaire de quinze ou vingt
jours ; le temps fort heureusement de faire un opéra.
Le fait est vrai. Mais le temps pendant lequel on jouit des bienfaits
du café peut s'étendre. Cette science est trop nécessaire à beaucoup
de personnes pour que nous ne décrivions pas la manière
d'en obtenir les fruits précieux.
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