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CULTURE BISTRO
>> Cafés et belles
lettres
Courteline, précurseur des brèves
de comptoir
Courteline (1858/1929), de son
vrai nom Georges Moineaux, fait des cafés son poste
d’observation et son cabinet de travail. Ils seront
source d'inspiration pour ces comédies courtes (pas
plus de deux actes) qui décrivent avec une grande justesse
d'observation la vie quotidienne de la petite bourgeoisie
à laquelle il appartient. Se plaisant à tourner
en ridicule les relations conjugales et extra-conjugales.
C'est notamment
à l ’Auberge du Clou, à l’angle
de l’avenue Trudaine et de la rue des Martyrs, où
d'ailleurs il sirote quotidiennement son anisette, qu'il croque
sur le vif ses personnages et y trouve des anecdotes.
"Boubouroche" écrit en 1893,
s'inscrit dans cette lignée immortalisant ainsi les
personnages, les trouvailles des langages et l'univers de
l'auteur. Ce vaudeville en 2 actes créé en
1893, connut un très grand succès dès
la première représentation. Il fut joué à la
Comédie Française dès 1910.
A l’acte I, dans le cadre familier d’un café,
Boubouroche éveille la sympathie du spectateur. C’est
un homme sincère , incapable de songer au mal, généreux,
serviable et naïvement convaincu de la fidélité de
sa compagne, Adèle. Mais un voisin lui révèle,
avec des preuves, que depuis sept ans, Adèle reçoit
une visite coupable à chacune des absences de Boubouroche.
"Ce soir-là, étant
veuf de toute clientèle, le petit café où
Boubouroche venait quotidiennement s'enfiler des "demis"
en jouant la manille aux enchères de compagnie avec
les sieurs Roth et Fouettard défiait le fâcheux
coulage ennemi né des limonadiers - Par-dessus les
mousselines salies qui en masquaient l'intérieur aux
passants, Boubouroche, dressé sur ses pointes, en embrassa
d'un seul coup le désespérant délaissé
: les deux colonnes jumelles court-vêtues de velours
rouge, hérissées de patères qui imploraient
le vide, les banquettes aux dossiers de molesquine glacée,
creusés, à espaces réguliers, de matelassés
où des ventres de vierges alternaient avec des nombrils,
le comptoir en forme d'autel, le reflet, répété
à l'infini dans un vis-à-vis de miroirs, des
quatre becs de gaz brûlant pour le roi de Prusse au
sein de suspensions aux bajoues élargies évoquant
l'auguste faciès de Louis-Philippe, roi des Français,
enfin, le bel ordre des tables, aux marbres couleur de saindoux
truffés comme des galantines. "
Dans la scène
1 de l’ACTE II, le spectateur assiste à un
dialogue entre Adèle et son amant qui lui montre
sa jalousie. A la fin de la scène, un violent coup
de sonnette retentit et Adèle dissimule le visiteur
dans un bahut.
Au début de scène 2, Boubouroche arrive comme un
fou chez Adèle et lui dit qu’il vient d’apercevoir
deux ombres derrière le rideau de la fenêtre.
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Habitant
de Montmartre, Courteline fréquente assidûment
de nombreux cafés. :
- aux Ducs de Bourgogne, place d’Anvers,
- le Lapin Agile, rue des Saules.
- le Mirliton d'Aristide Bruant,
- le café du Carillon, il y fonde la Société
du cornet (à dés) avec ses compagnons de manille.
- le café du Clou, où il fonde le Comité anti-européen
et anti-bureaucratique, avec Alphonse Allais, Georges Auriol, Raoul
Ponchon.
Les autres oeuvres de Courteline
Gaités de l’escadron 1886, Boubouroche 1893
les Boulingrins 1898,
Monsieur badin 1897 |