CUISINE
DE BISTRO
>> Du côté des produits
Le blanc et le noir, ou les mérites comparés des Pains Poilâne et Poujauran
Poilâne
et Poujauran, deux pains qu’on retrouve dans les bistrots
parisiens plutôt élégants ou de tradition.
L’un ressemble à une miche de couleur sable,
l’autre à un pain de campagne noir comme s'il était
bien cuit.
Ils ont en commun d’être travaillés avec
des farines moulues à la meule mais avec des savoir-faire
différents et des procédés de fermentation
différents.
Oser comparer les mérites des deux tient de l’exercice casse-cou.
Tant pis.
Présentation : avantage Poilâne
Au niveau de sa texture, le Poilâne est souple et tendre surtout quand il est vendu pré coupé. Délicat, il a un arrière-goût de noisette qui lui va bien mais qui s’efface devant le plat qu'il accompagne ou l'aliment dont il sert de support . Il en va ainsi pour le beurre, le saumon et le foie gras. Il est comme la lingerie fine et les draps de satins, il avive le fantasme de l’être en manque. Mais il disparaît vite comme un vin jeune.
Goût : Poujauran marque
Le
pain Poujaran sombre est d’aspect plus rustique. Il est
rarement vendu en tranches. Avec son aspect brut, on se dit
qu’il faut le mettre immédiatement au service
des canailleries, sauces et autres cochonnailles. Premier contact
au palais. D’abord rien ne se passe. Mais c’est
au bout de trois bouchées que le Poujauran révèle
une longueur en bouche insoupçonnée. Un goût
du pain tenace, peut-être celui de l’enfance, peut être
celui de vraie farine, qui parvient à revenir toujours
au fond du palais et qui ne s’efface pas devant les autres
aliments, il vient le sublimer. Il existe par lui même
et révèle un vrai caractère.
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