« Ici, pain Poilâne »,
ou « spécialité : tartines
Poilâne », c’est ce genre d’écriteau
que découvre le provincial qui débarque à Paris.
Cuisiner le pain Poilâne, c’est l’une
des spécialités des bistrots parisiens, et
pour cause, le pain Poilâne n’est à nul
autre pareil. Plongée au cœur des fournils
d’où sort ce pain haut de gamme…
« Le four, on le sait quand
il est chaud, on l’entend, il nous parle… »,
lance Gilles, un boulanger de chez Poilâne. Le
secret est là : pas d’instruments de
mesure, tout est laissé à l’appréciation
du boulanger. Ouïe, vue, odorat, toucher, les sens
du boulangers sont les garants de la qualité du
pain. Avec des astuces qui se transmettent de génération
en génération : par exemple, pour
savoir si le four est prêt, on lance un peu de
farine dedans et on regarde sa vitesse et sa couleur.
Bien sûr, il y a un peu de technologie :
les pétrins sont mécaniques, on ne peut plus
demander aujourd’hui à un boulanger de pétrir à la
main ! Mais à chaque moment du cycle de panification,
le boulanger plonge sa main dans la pâte pour juger
s’il est temps de passer à l’étape
suivante, selon le climat le tempo peut changer. Les fours
sont de vrais fours romains récupérés
dans d’anciennes boulangeries, tout en matériaux
réfractaires, alimentés en bois.
De
l’authentique, à chaque étape de fabrication :
en amont, la farine est produite avec des meules de pierre
par 4 meuniers de différentes régions, des
meuniers qui demandent aux agriculteurs des anciens blés
et une culture sans usage abusif de pesticides. Autre détail
qui a son importance, le sel utilisé dans la fabrication
du pain vient directement de Guérande, ou encore
pour les pains spéciaux, les raisins viennent de
l’île de Corinthe en Grèce et les noix
du Périgord.
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