Le camembert de Normandie

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La fin du « Fabriqué en Normandie » sonnera-t-elle la fin de la guerre du camembert ?

camembert_normandiLa guerre civile fait rage depuis plus de trois ans entre les tenants du Camembert de Normandie AOC et les industriels du « camembert fabriqué en Normandie » avec du lait pas forcément normand et pasteurisé. Elle pourrait s’achever par la victoire des croquants sur le géant … Voilà trois ans, Lactalis N°2 mondial, avait échoué dans sa tentative de faire inscrire la pasteurisation dans la cahier des charges du camembert de Normandie. Il y a quelques mois, son camembert Lepetit, -longtemps un symbole- est passé du thermisé au pasteurisé. Cette fois-ci, les producteurs de l’AOC sont bien décidés à engager la dernière bataille contre le détournement de notoriété du camembert de Normandie.

«La mention « fabriqué en Normandie » est illégale. Elle est source de confusion dans l’esprit de 90 % des consommateurs. Nous allons demander prochainement en assemblée générale que la loi s’applique. Il ne peut y avoir qu’un seul qualificatif régional pour un produit » explique Patrick Mercier, président de l’Organisme de défense et de gestion (ODG) des producteurs de camembert AOC. A ses yeux, cette confusion est le principal frein au développement du camembert AOC. Car les camemberts lactalis (Lanquetot, Bridel…) « fabriqués en Normandie » sont souvent proposés à des prix parfois inférieurs à 2€. Impossible pour un producteur de camembert au lait cru moulé à la louche de sortir un coût inférieur à 3€.

camembert

Ces derniers mois, les 700 éleveurs de l’appellation ont mis sur pied un nouveau cahier des charges beaucoup plus draconien. Il est en cours de discussion à Bruxelles dans le cadre de l’AOP. Il prévoit notamment un accroissement de la race dominante normande. Pâturage et fourrage sont aussi au centre des exigences. Les aliments concentrés -tourteaux etc..- ont été limités à 1800 kg. Même si hélas, de ce côté-là tout n’est pas originellement normand. Ainsi le tourteau OGM -souvent brésilien- n’est pas proscrit. «Il fallait faire accepter le nouveau cahier des charges aux éleveurs. Aller trop loin, c’était mettre tout le processus en danger. Le tourteau OGM est marginal dans l’alimentation de la vache. Nous avons voulu porter l’effort sur le retour aux pâturages grossiers, ce qui fait l’aliment. N’oubliez pas que le Comté a mis 50 ans pour arriver là où il est. Il faut permettre aux gens de progresser mais à un rythme supportable.» plaide Patrick Mercier.

Vins et camemberts : même combat !
L’exemple du Camembert comme repoussoir de la réforme des droits de plantations.

Le cas du détournement du camembert a été évoqué récemment dans un rapport remis en octobre sur la libéralisation prochaine des droits de plantation en 2015.
Bref pas question de produire du mousseux dans la zone du Champagne ou du pinot sans IG en Bourgogne.

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