Brie de Meaux ou Brie de Melun, la guerre des Brie n’aura pas lieu

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On croit que le Brie de Meaux, est la seule AOC fromagère francilienne. Erreur. Il y en a une deuxième, un petit frère caché, le Brie de Melun.

Il serait, dit-on, l’ancêtre de tous les bries. Quand le premier, celui de Meaux, représente une production annuelle de près de 8000 tonnes, le second ne dépasse pas 270 tonnes réalisées par des petites laiteries de Seine et Marne.

Cette parenté fromagère entre un géant et un nain méconnu n’est pas sans évoquer, celle du Roquefort et de son frère caché comme le Masque de fer, le Bleu des Causses, produit dans le même  terroir et dans les causses mais avec du lait de vache.
On rappelle à propos du Brie de Meaux, l’appellation de Roi des Fromages utilisée par Talleyrand lors du Congrès de Vienne. Preuve que ce régicide n’était pas à un reniement près. Mais surtout qu’il existe plusieurs royautés fromagères, puisque l’on parle aussi de Roi des Fromages à propos du Roquefort.

Pour revenir au Brie de Melun, c’est évidemment comme son grand frère un fromage au lait cru, mais avec un affinage beaucoup plus long de huit semaines au minimum contre quatre pour le Meaux. Il a tout ce qui fait un fromage de caractère : une pâte souple mais sans mollesse, une forte odeur de terroir, et du bouquet, beaucoup.

Bref, il s’adresse aux amateurs de personnalité fromagère forte. Il devrait être servi dans les cantines scolaires dès la maternelle pour ramener la jeunesse de France vers le goût du bon et du fort !

Mais il y a enfin un autre brie à la texture beaucoup moins crémeuse, dure, presque proche du parmesan. Ce brie que l’on aurait oublié en séchant en perdu de sa blancheur. On le réservait autrefois dit-on aux ouvriers. C’est le Brie Noir, un brie pour amateur de fromages caractériels.

brie_noir

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