Un contre-exemple francilien agricole ?

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L’âme de Brillat-Savarin doit se lamenter à la vue de la terre francilienne ! Certes si l’Ile-de-France vivait en autarcie, ses habitants n’auraient que du pain pour survivre… Un progrès pour 1789, mais un déséquilibre pour 2012, vu sous l’angle du développement durable.
Avec 12 millions d’habitants, la région parisienne est l’une des plus densément peuplées d’Europe, son climat est tempéré et sa terre, riche. Et pourtant dans un rapport de mars 2012 sur les enjeux de la production et de l’approvisionnement alimentaire en Ile-de-France, le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) a pointé de sérieux dangers lié notamment à l’absence de diversité.

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Comme ailleurs en métropole, le premier danger est celui du grignotage par le péri-urbain. Soit de 1500 à 1700 ha/an. Mais c’est l’évolution de l’agriculture francilienne dominée par les grandes cultures et les grandes exploitations qui est, à court terme, porteuse de dangers. Le Ceser note que si cette évolution «devait être poursuivie au même rythme on peut penser que l’Ile-de-France ne présentera plus à terme qu’un paysage de grandes cultures, ce qui pourrait poser un problème de diversité des paysages et également de préservation de la biodiversité, d’approvisionnement local, d’emploi…» 93% de la surface agricole est dédiée aux grandes cultures dont 63% pour les céréales. Une situation héritée d’une longue période de subventions par Bruxelles qui a généré un productivisme à outrance.

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Cette évolution n’a pas manqué de générer son cortège d’effets pervers qui ont tendance à s’accélérer. Il y a d’abord la qualité de l’eau médiocre du fait des pesticides. Cela implique des coûts de traitements supportés par les utilisateurs particuliers. Autre effet pointé récemment la raréfaction notable des populations d’oiseaux et une trentaine d’espèces en danger d’extinction. Et pourtant la prise de conscience chez les agriculteurs franciliens tarde. A coups campagnes de « com » et d’ évenementiels, la FNSEA Nord Bassin parisien tente de masquer cet aspect de la réalité. Reste à savoir si l’évolution de la PAC après 2013 avec une réorientation possible vers des aides agro-environnementales sera porteuse de changements en Ile-de-France ?

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