CUISINE
DE BISTRO
>> Du côté des produits
La Cuisine de bistro 2/2
Qui dit cuisine économique suppose également un bon recyclage sans gaspillage. Les restes de viande de la veille finissent en hachis Parmentier du lendemain. Va-t-on jusqu’à utiliser ce que le client a laissé dans son assiette ? Tout dépend alors du côté « Thénardien » des patrons.
Une cuisine de rendez-vous. Comme chez maman, un vrai bistro ne propose pas une pléthore de plats à choisir. On mange ce qu’il y a. Un vrai bistro offre un choix limité. Parfois avec des incontournables . lundi c'est bœuf aux carottes, mercredi, c'est frites...

Une assiette bistro c’est également
une cuisine canaille qui a l’habitude de recourir au « cinquième
quartier » tripes et abats. Quoi de plus canaille
qu’une tête de veau gribiche, rognons, museau
et joue de bœuf, et évidemment la tripe
sous toutes ses couleurs régionales, de celles de
Caen aux trénels millavois en passant par les Corses...

Voilà pour l’image d’Epinal qu’il
faut sauver. Maintenant, l’évolution des mœurs
et l'élévation du niveau social du bistro
parisien débouche souvent sur une cuisine plus raffinée.
Ne parlons pas des chefs qui ont vu dans la carte Bistro,
l’occasion d’augmenter leur marge en s’évitant
les charges de personnel démentes des grands établissements
macaronées…Mais ceci est un autre sujet.
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«S' agit-il d' un dîner d'étrangers
ou de provinciaux à qui l'on veut donner une haute
idée de la capitale, dont on se croit obligé de
leur faire les honneurs, c'est aux tuileries, chez Véry,
qu' il faut les conduire. Comme on jouit de leur étonnement à la
vue de ces brillants salons où tout semble arrangé pour
le plaisir des yeux ! Ces tables de granit, ces candélabres
en bronze doré, ces vases de fleurs que multiplient
en les réfléchissant les panneaux de glace
dont les murs sont couverts, commencent un enchantement
que l' art du cuisinier soutient pendant tout le repas,
mais que détruit, pour l' ordinaire, le moment
où l' on apporte la carte payante .
Veut-on se faire une idée de la manière dont vivent, à Paris,
avec moins de douze cents francs par an, cette foule de rentiers modestes ; de
jeunes étudiants dans l' art des Galliens, des Beaumé, des Alciat
: c' est chez un restaurateur de la rue de la harpe ou de la place saint-Michel
qu' il faut se rendre avant cinq heures. Vous ne trouverez sur la carte ni potages à la
camerani, ni suprêmes au coulis de perdreaux, ni karis à l' indienne ;
mais une soupe abondante, toutes les combinaisons possibles de boeuf rôti,
bouilli, fricassé ; l' inépuisable haricot de mouton, et l' éternel
fricandeau. La Bourgogne, le Médoc n' ont jamais versé le produit
de leurs riches vendanges dans les caves des restaurateurs du pays-latin ; mais,
en revanche, la Brie et l' Orléanais y font pleuvoir les flots d' un petit
vin léger dont la santé et la raison n' ont jamais à se
plaindre ; à tout prendre, il y a beaucoup moins de différence
entre la qualité des mets et des vins chez le plus célèbre
ou chez le plus modeste restaurateur, qu' entre les prix portés sur la carte de
l' un et de l' autre.»
L'Hermite de la Chaussée-d'Antin ou Observations
sur les moeurs et les usages parisiens au commencement du
XIXe siècle [Document électronique]. III-IV
/ [par V.-J. Étienne de Jouy] .
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