Escargots : Petit-gris français contre bourgogne Polonais !

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Après les éleveurs porcins et plus récemment les apiculteurs, c’est au tour des éleveurs d’escargots de réclamer un étiquetage de l’origine des colimaçons… Mais cette revendication est aussi une illustration de la rivalité franco-française entre éleveurs de petits-gris et transformateurs d’escargots de Bourgogne souvent importés.

Lors de leur assemblée annuelle à la Motte-Servolex (Savoie) le 1er mars 2011, les éleveurs de l’Aspersa, premier groupement hélicicole de France ont entrepris de faire passer le message aux pouvoirs publics. A leurs yeux, il n’est pas normal que les escargots d’élevage (petits-gris et gros-gris) , spécialités françaises avec près de 300 héliciculteurs, soient les seuls à devoir préciser l’origine géographique au contraire des escargots sauvages, souvent ramassés en Europe de l’Est.

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Outre la dynamisation de la filière hélicicole française, ces éleveurs mettent en avant la disparition de ces espèces dans leur milieu naturel provoquée par le ramassage massif. « L’élevage est la solution pour assurer la préservation des espèces d’escargots » assure Jean-Paul Fargeton (héliciculteur à Beaujeu – 69).
« Si la directive européenne nous l’impose, nous afficherons la provenance sur l’étiquetage » explique Jérôme Eruimy, directeur commercial de Bourgogne Escargots, l’un des principaux transformateurs français d’escargots dit de Bourgogne importés.

Sauf que les uns et les autres ne parlent pas du même escargot. L’escargot dit de Bourgogne, (Hélix pomatia) le plus prisé et le plus consommé, semble se faire de plus en plus rare sur la terre de France. Les débordements du productivisme agricole -remembrements, disparition des haies et pesticices- ont fragilisé la population. L’espèce est sauvage et ne se plie pas à la domestication. Impossible, selon l’INRA d’envisager un élevage d’Hélix pomatia sauf à dépenser des millions d’euros. Du coup, depuis les années 80, les transformateurs d’escargots dit de Bourgogne s’approvisionnent à l’Est, en Pologne, principalement mais également en Bulgarie ou en République Tchèque.

Car les Français continuent d’adorer les escargots principalement ceux dits de Bourgogne. Encore que le Turc -l’Hélix lucorum- ramassé dans les Balkans aussi charnu que le Bourguignon trouve son public. Au total, le marché français en 2009 représentait 400 millions d’unités consommées. Bien davantage qu’au début du XXème siècle. Cette démocratisation du gastéropode a de quoi faire se retourner dans sa tombe ce pauvre Talleyrand, aristo jusqu’au bout des ongles, qui avait fait servir à l’empereur de Russie une assiette d’escargots à la bourguignonne…

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