Le marché chamboulé de la charcuterie française !

Après les fromages, c'est au tour des charcuteries d'être stickées (sept 2010)
Interview de Paul Auffray, secrétaire général de la Fédération Nationale Porcine (FNP) : Lire
Dossier : France ton Jambon fout le camp !
Demande d'IGP du Porc du Sud-Ouest



Sélection de producteurs
Maison Conquet à Laguiole - www.maison-conquet.fr
 
Charcuterie de Millas à Lacaune
www.charcuterie-millas.fr/
Charcuterie Bories Plaisance- www.charcuterie-bories.fr/

>> Du côté des produits  

Algues vertes bretonnes, sus aux intégristes ! (juillet 2011)

Le 7 juillet, dans le Finistère, Nicolas Sarkozy a stigmatisé les "intégristes" de l'écologie. Pour lui, les agriculteurs ne sont en rien "coupables" de la prolifération des algues vertes sur les plages bretonnes. Petit hic, l'Etat Français a donc employé des préfets "intégristes". En septembre 2009, le préfet des Côtes d'Armor, Jean-Louis Fargeas avait évoqué, dans une note à Matignon, la nécessité d'un "changement profond des pratiques agricoles" seul capable d'inverser la tendance. La chambre d'agriculture locale l'avait alors accusé de salir la profession…(lire)

"Les agriculteurs ne sont pas coupables de choix économiques qui ont été faits il y a longtemps" a plaidé le Président de la République. Les agriculteurs -et notamment le lobby porcin breton- ne sont pas responsables dans la prolifération des algues vertes dont le volume a doublé en un an. Qu'importe si le ramassage et le traitement du lisier vont coûter aux contribuables 134 millions d'Euros d'ici 2014. (A comparer aux 100 millions d'aides/an pour l'agriculture bio.)


Pour le Président, l'avenir a un nom : méthanisation. Un système paré de toutes les vertus qui transforme lisier et algues en biogaz et donc en électricité. Petit hic, cette belle usine à gaz  ne règle pas le problème des azotes que la méthanisation ne fera pas disparaître. La fuite en avant se poursuit pour le plus grand profit d'un petit nombre de personnes.
Bref, la campagne électorale semble porteuse de bonnes nouvelles pour le système agricole productiviste : FNSEA, coopératives géantes, producteurs de produits phyto, mais aussi géants de l'agroalimentaire ou de la grande distribution. Cette dernière fait d'ailleurs ses meilleures marges sur le cochon (lire ci-contre) sur le dos des éleveurs. Ces derniers semblent bien les seuls à ne pas profiter du système.

Pour ceux qui aiment la terre de France, sa diversité et les bons jambons, voir un Président de la République qui avait mis l'environnement au centre de sa politique agricole, nier ce symbole absolu du productivisme, semble difficile à avaler. Caresser dans le sens du poil une partie du monde agricole, c'est un coup électoral qui a longtemps marché avec Jacques Chirac. Mais au fur et à mesure qu'apparaissent les dégâts, la ficelle devient trop grosse. Il n'est pas sûr par exemple que les cochyculteurs frappés par une mortalité de 80 % de leurs huîtres partagent ce diagnostic sur les algues vertes.

 

 

Ah qu'elles sont bonnes les marges du cochon !

C'est sur le porc que la grande distribution réalise ses meilleures marges. Le premier rapport de l'Observatoire des prix et des marges des produits alimentaires, remis au Parlement le 27 juin a permis de confirmer ce qu'on supposait.
Ainsi pour le jambon, la marge commerciale des distributeurs représente en moyenne 44,7 % contre 13,8 % pour l'industriel salaisonnier et 5,3 % pour les responsables de l'abattage et de la découpe. La longe de porc, achetée en moyenne 2,40 € sur les dix ans, est revendue 5,69 € en moyenne.

Voir le cas du jambon de Bayonne vendu sur le site de Carrefour.