Vente aux enchères gastronomiques – Fine Food Artcurial

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Il n’est pas banal de voir des lobes de foie gras, des miches de pain et autres Jamon bellota mis aux enchères dans la salle de vente Artcurial. Le 18 décembre, c’était la 2ème vente «Fine Food» dont une partie des recettes était destinée à la Croix Rouge.

Parmi les 148 lots, on a vu par exemple un joli défilé de côtes de bœuf, de charolaises, de Blondes d’Aquitaine, de Rouge des Flandres, toutes bien maturées. Evidemment les coqueluches médiatiques, n’avaient pas manqué d’être sélectionnées par l’expert de la vente, Bruno Verjus. Hugo Desnoyers avec un train de côtes de Normande, Yves-Marie le Bourdonnec avec une côte de bœuf Wagyu ( sans doute d’origine espagnole) – maturée 100 jours adjugée à 250€ (1,3 kg)…

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Parmi les records, le demi-saumon de l’Adour de la maison Barthouil est parti à près de 1600 €, ce qui est proportionnellement beaucoup mieux que le Bellota Gran Reserva 2008 de 10 kg vendu 2423 €. Au chapitre truffes, les 250 g de truffes du Périgord à 638 € ont été bien valorisés en cette saison trufficole noire mais beaucoup moins que leurs homologues blanches et italiennes ( 995 € les 200 g).

Salaisons Chavassieux

Côté cochon, outre le bellota, le jambon affiné 24 mois dans sa caisse en bois de Patrick Duler (1020 €) s’en est bien sorti. On relève aussi le joli coup d’Emmanuel Chavassieux avec ses 2 mètres de saucisse au couteau aux câpres de Linosa (281€) ou le carré de côtes de cochon Ibaiona d’Eric Ospital parti à 383€.

Salaisons Chavassieux

Pour les pains, ceux à la farine de blé ancien de Roland Feuillas, sont un peu mieux partis (115€) que ceux d’Apollonia Poilâne et ceux de Jean-Luc Poujauran (89€). Saut à préciser que le coffret de « fèves collector » de ce dernier a atteint la somme de 1275€.

Au final, on peut avoir deux visions de l’événement. Celle du chroniqueur gastronomico-mondain en extase. Celle, plus amère, d’un nostalgique d’un temps où nombre de ces produits – exceptions faites du caviar ou des truffes- faisaient davantage partie du quotidien alimentaire. La standardisation industrielle a pour effet que ces produits goûteux deviennent exceptionnels. Il y a un peu plus d’un demi-siècle, ce n’est pas un homologue de François Tajan qui aurait tenu le marteau.

coq de Barbezieux

coq de Barbezieux

Peut-être plutôt un Boris Vian, clin d’œil pour un manifeste du snobisme. On en n’est pas non plus à Soleil Vert, -récemment diffusé sur Arte- film des années de crise des années 70, avec Charlton Heston. Dans un monde surpeuplé où les hommes en consomment d’autres et où les tomates sont un luxe réservé à de rares privilégiés. Ouf, en 2012, le luxe gastronomique a toutefois ses limites. A preuve, la vente n’a généré que 57 000€ de recettes contre 83 268 € l’année précédente. C’est triste pour la Croix Rouge mais les Qataris ne mangent pas de porc…

 

La dépouille du pauvre coq de Barbezieux (Ferme de la Ruchotte, 191 €) promenée sur un plateau comme la tête d’un barbare dans la Rome Antique pourrait presque avoir valeur de symbole. Parmi les dîners offerts à la vente par les étoilés, c’est un chef danois qui l’a emporté. René Redzepi et son « Noma » de Copenhague a décroché la timbale avec un dîner pour deux adjugé à 1530.
Comparativement, les Bras père et fils n’ont pas été mauvais. Leur dîner à Laguiole pour deux -avec le vin mais sans la nuit- est parti à 1020 €.
Mieux que celui à Eugénie-les-Bains chez Michel Guérard (1080 €) qui, lui, incluait la nuit. Et beaucoup plus que celui proposé par la maison Troisgros à Roanne (574€).
Ducasse n’ a pas été bradé. Son souper au « Louis XV » monégasque est parti à 1658 €. Mais il y avait aussi la nuit à l’Hôtel de Paris, toujours un peu plus onéreuse que celle dans l’Ibis Niçois…

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