Caroline, l’atout fraîcheur de la famille Rostang

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Avec ses grands yeux bruns et ses pommettes saillantes, Caroline est le portrait craché de son père. Si elle a préféré le chemisier blanc au tablier d’usage, c’est que l’aînée des filles Rostang gère les affaires familiales. Mais les fourneaux ne sont jamais bien loin. Portrait.

Elle est l’atout fraîcheur de la famille Rostang. A 34 ans, Caroline a trouvé sa place au milieu des siens. Le poids du nom – son père n’est autre que le grand chef étoilé Michel Rostang – ne lui fait pas peur. Pétillante et pleine d’idées, Caroline assume l’héritage et rajeunit la marque.

Née à Grenoble en 1973, c’est dans l’hôtel-restaurant familial de Sassenages que Caroline fait ses premiers pas, aux côtés de Sophie sa cadette. Rapidement et pour gagner un peu de sous, Caroline met la main à la pâte. En observant ses parents, l’adolescente découvre toute la difficulté du métier : « Ce n’était pas forcément un atout pour prendre la suite ». L’espace d’un instant, Caroline se rêve architecte décoratrice d’intérieur ; une passion qu’elle n’a pas entièrement abandonnée, puisqu’elle s’implique aujourd’hui dans le choix du décor des restaurants de la marque.

Son diplôme de l’école hôtelière de Lausanne en poche, Caroline se voit prendre le large, voyager. Mais à la demande de son père, elle accepte de retarder son départ pour s’essayer six mois au sein de la structure familiale. Essai transformé, Caroline n’ira pas plus loin.

L’opérationnel sur les sites, elle s’y refuse d’abord avant de prendre la gérance du Bistro Côté Mer. C’est dans cet établissement du boulevard Saint-Germain qu’elle fait la rencontre de Yann Lainé, jeune chef sorti des cuisines paternelles. Entre ces deux passionnés, le coup de foudre est professionnel et amical. Partenaires à part égale dans la PME qu’ils ont créée, Caroline et Yann se complètent aussi sur le terrain: lui derrière les fourneaux, elle en chef d’orchestre. Entre deux services, le tandem réfléchit sur les cartes, recherche de nouvelles combinaisons. C’est encore ensemble qu’en 2002 ils relèvent le défi de rénover l’Absinthe, bistro phare de la place du marché Saint-Honoré.

Parce qu’elle a refusé de laisser le nom Rostang sans héritier, Caroline a dû faire ses preuves, gagner la confiance et le respect de ceux qui l’ont vu grandir. Ses parents, sa sœur Sophie qui dans l’ombre travaille aux tâches administratives, mais aussi tous les employés fidèles et dévoués depuis des années. Des bêtises, elle en a fait bien sûr car l’apprentissage est permanent.

Sur le terrain, Michel Rostang lui laisse une liberté totale, mais les décisions importantes, c’est en famille qu’ils les prennent. De son père, Caroline admire la sagesse. Grâce à elle, le grand chef Rostang va de l’avant.

Caroline ne rêve pas d’Etoile. Cette course-là, elle la vit de l’intérieur depuis le restaurant gastronomique de la rue Rennequin. Si elle refuse tout compromis sur la qualité, elle propose une cuisine à son image : simple, jeune et conviviale.

Julie Martin

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