Viande , soja OGM et prairie retournée…

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Selon le WWF qui prône un étiquetage clair, la France importe 4,7 millions de tonnes de soja par an dont seul un 1/5 serait certifié non OGM.

Naïfs français qui se croient à l’abri des OGM alors que leur bétail en consomme tous les jours…Si les actionnaires de Monsanto se frottent les mains, les paysans et autres indiens chiliens ou argentins expropriés n’ont que leurs yeux pour pleurer. Vu sous cet angle, elle est belle l’indépendance alimentaire française ! Changer la donne implique de cultiver sur nos terres davantage de protéagineux moins rentables. Peut-être nous faudra-il aussi réduire notre ration de viande (moins de 80 kg/an en 2007) ou en manger de la meilleure, des races à viandes nourries au fourrage et au colza français (photo ci-dessus).

Car depuis Copenhague et les interventions de stars comme Paul McCartney prônant un jour sans viande, on n’en finit plus de faire le bilan carbone du bifteck. En termes d’émissions de gaz à effet de serre, un repas avec viande et produits laitiers équivaudrait à 4 758 km parcourus en voiture, contre 629 km pour un repas sans produits carnés ni laitiers. Du coup, cette année plus que jamais, la filière viande, qui se sent agressée, fait feu de tout bois…Peut-être serait-elle plus crédible, si elle encourageait tous les éleveurs à bannir les OGM et à revoir l’élevage intensif avec des prairies plantées au ray-grass dopées à l’azote et fauchées deux fois par ans. Il en va de même pour le lait.

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Prairie retournée ou prairie permanente ?
La prairie est comme la forêt. C’est l’un des derniers refuges de la biodiversité. A condition qu’elle ne soit pas saturée d’engrais et d’azotes, qu’elle ne soit pas fauchée deux fois par an ou piétinée par un bétail trop nombreux. Grosso modo, les prairies représentent 1/3 de la surface agricole utile française.

Il y a prairie et prairie. Une prairie permanente est une prairie qui n’a pas été retournée durant cinq ans. Bruno Le Maire a autorisé récemment quelques dérogations aux  » bonnes conditions agro-environnementales » pour le retournement des prairies permanentes. On retourne une prairie pour planter plus de ray-grass ou des légumineuses et obtenir donc un meilleur rendement en fourrage. Question biodiversité ce n’est pas l’idéal…

En matière de fromages, AOC ne rime pas forcément avec biodiversité

Au contraire, une prairie permanente « stocke » plus de carbone qu’une prairie retournée. Une prairie permanente peut compter de 20 à 100 espèces. Plus elle en compte, meilleur sera le lait des vaches. Les professionnels de certaines filières AOC d’Auvergne (salers, laguiole ou saint-nectaire) commencent à comprendre que la biodiversité peut avoir des avantages. Pour le cantal c’est plus difficile, compte tenu du fait qu’on est juste au début d’une démarche visant à recentrer l’alimentation des vaches sur l’herbe.. Car voilà, AOC ne rime pas forcément avec biodiversité (lire à ce sujet l’interview d’André Valadier) … Ainsi la filière roquefort privilégie encore le rendement maximum sur la biodiversité. D’où aussi la difficulté à commercialiser pour un groupe comme Lactalis, un roquefort Société bio qui ait du caractère…

coquelicot

Elevage : la FAO tire la sonnette d’alarme.

Le rapport annuel sur « La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture », paru le 18 février relève : « La croissance rapide du secteur de l’élevage (…) a engendré des risques systémiques qui pourraient avoir des conséquences catastrophiques pour les moyens de subsistance, ainsi que pour la santé humaine et animale et pour l’environnement. »

Car dès que le niveau de vie d’un pays s’élève et plus la consommation des produits carnés et laitiers augmente.
Résultat : le nombre de bovins devrait passer de 1,5 à 2,6 milliards de têtes. Celui des ovins de 1,7 à 2,7 milliards d’individus d’ici à quarante ans.

Or, souligne le rapport, « l’élevage est essentiel aux moyens de subsistance d’environ un milliard de personnes pauvres. » Mais face à la massification des processus par des groupes géants, ces petits éleveurs risquent de se retrouver à l’écart et de voir leur situation empirer.

Côté climat, l’élevage est responsable de 18 % des émissions totales de gaz à effet de serre (davantage que les transports) et occupe près de 80 % de la superficie agricole de la planète si l’on additionne pâturages et terres vouées aux cultures pour l’alimentation des animaux.
La FAO en appelle à une intervention des Etats.

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