So french, so good

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La France ne se remet pas d’avoir été dépassée en 2007 par l’Allemagne pour la première place à l’export en matière agro-alimentaire. Pour ce faire, elle entend bien surfer sur le classement par l’Unesco du repas à la française et remonter la pente à l’export. Voici donc « So French, so Good », un nouveau label pour stimuler l’export sur l’agro-alimentaire. Pas peu fier le secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur, Pierre Lellouche, lors de sa présentation du 16 février. «On a inventé une marque qui donne envie de consommer français. »

Le but du ministre est d’amener le maximum de PME françaises à l’export en s’appuyant sur le « So french, son good » qui devrait être vu dans 170 salons à travers le monde, avec une douzaine de pays visés en priorité (Allemagne, Belgique, Suède, Japon, USA, Chine, Brésil, Japon, USA, Russie, EAU…)
Bref, une campagne mondiale avec un site permettant de « trouver des croissants à Shanghai et du Comté à Istanbul » ou encore de géolocaliser tous les restaurants français sur le plan mondial. Trois semaines après la conférence de presse de Pierre Lellouche, le site n’était toujours pas visible… En revanche, on a pu apercevoir le logo « So French so Good », au Foodex de Tokyo, salon de l’alimentation tenu du 3 au 5 mai. Même si les exposants français ne semblaient pas très au fait de ce nouveau label.

foodex

Petite question. Quel producteur et quel produit pourront afficher ce logo ? Qui fera la sélection des producteurs. Et sur quels critères de qualité se basera-t-on ? Faudra-t-il être une AOP ou un IGP pour être estampillé « So french.. »? Ou des produits industriels génériques bon pourront l’être aussi être ? Difficile d’avoir des réponses à l’heure actuelle.
Bref, derrière le coup de « com », et la campagne à 2 millions d’euros, il faudra voir la concrétisation de l’essai. C’est la Sopexa (Société pour l’expansion des ventes de produits agricoles et alimentaires) bras armé du ministère de l’Agriculture pour l’exportation de l’agroalimentaire, qui est chargée de mettre en musique la partition. Sauf qu’interrogé, son service de presse vous renvoie au cabinet ministériel bien silencieux … So french but not so good.

Les gros ouvriront la voix de l’export aux petits et aux sans grades…
Les gros paieront pour les petits. C’est le ministre Lellouche qui l’assure. C’est beau comme les Misérables du père Hugo. Lactalis va payer pour le petit producteur de morbier et Delpeyrat pour le petit producteur de foie gras briviste. Ce dernier pourra afficher le logo et profiter de notoriété du « So French so good » sans débourser un cent pour se faire connaître à l’étranger…

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