Quand McCain plaide pour toutes les frites

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McCain, N°1 mondial de la frite industrielle a endossé un rôle de porte-parole de la frite générique pour dévoiler une étude exclusive sur les frites intitulée « On a tous un truc avec la frite. » Avec des résultats « étonnants » où l’on apprend par exemple que 86% des Français ont un souvenir agréable avec les frites …

Prenant de la hauteur, le géant canadien s’est fait anthropologue sur cet aliment si banal. Pour ce faire, il a enrôlé Gilles Fumey. Ce spécialiste de la géographie alimentaire de la Sorbonne est revenu sur l’origine controversée des frites – belges ou françaises- et aux symboliques de transgression et de liberté des ados auxquelles elles se rattachent selon lui.

Gilles Fumey, géographe à la Sorbonne

Gilles Fumey, géographe à la Sorbonne

Malheureusement on ne joue pas impunément avec les frites surtout en ce moment où rien n’est moins innocent qu’une frite. Dans nombre de bistrots et de brasseries, la frite maison devient un acte de résistance en réaction justement aux bâtonnets surgelés de type McCain et consorts. La frite est en train de devenir le symbole du « fait maison ».

En plein débat sur la sincérité des cartes et l’appellation restaurant le phénomène de la frite authentique ne cesse de gagner de l’ampleur. Voir par exemple le cas du patron du Groupe Frères Blanc (Pied de Cochon etc.) qui a obligé ses cuisiniers à tirer un trait sur les frites surgelées pour revenir aux frites maison. Mais c’est vrai aussi dans des petits bistronomiques qui mettent un point d’honneur à défendre la frite maison.

Interrogée sur la question de cette résistance symbolique, Anne-Sophie Fontaine, DG de McCain, princière, explique qu’elle souhaite simplement que tous les restaurants servent de bonnes frites. Et d’encourager les clients à les renvoyer quand ils ne sont pas contents. Quant à savoir si l’indication McCain fera son apparition sur les cartes c’est un autre débat. « La qualité d’une frite dépend autant de la qualité de la matière première que de sa mise en œuvre au restaurant. On ne peut pas mettre en avant une marque si on n’a pas de garantie sur le résultat final. Voilà pourquoi on ne met pas en avant McCain dans la restauration pour l’instant. » Et même si les McCain sont en général savoureuses, n’y a-t-il pas aussi sans doute la crainte que le restaurateur utilisateur de McCain n’ose pousser la sincérité jusqu’à ce niveau.

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