Adieu, boyaux, pieds, têtes et groins… France tu perds tes abats !

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Le jour où la Chine sera totalement réveillée, restera-t-il un peu d’andouillettes pour les pauvres petits Français ? Ou sommes-nous condamnés à brève échéance au topinambour comme sous Pétain ? Après l’acier, le cuivre, le pétrole, la terre, la boulimie chinoise s’abat sur les bas morceaux du cochon.

cochon_chinois_ecraseDepuis quelques mois, c’est une hémorragie de têtes de cochon, de tripes, d’oreilles, de groins et de pieds qui s’en va par conteneurs frigo vers l’Empire du Milieu. (Ci-contre, un mets de choix, la tête compressée entière. Elle est vendue sous vide dans les supermarchés pékinois).
La revue « Baromètres Porcs » de novembre détaille ainsi la situation. «De juin à août 2011, les exportations de l’UE vers la Chine ont plus que doublé par rapport à la même période de 2010. La valeur de ces flux a augmenté de 170%. Tous produits confondus, le cumul de ces trois mois est de 255 000 tonnes en nette accélération… La France a réalisé 15% des envois de pièces européennes. »

L’une des causes de ce phénomène ne tient peut-être pas tant à une pénurie de cochons chinois. Il est probable, en revanche, que la classe aisée chinoise de plus en plus catastrophée par l’état sanitaire de l’alimentation du pays ( lire l’effarant dossier paru dans Courrier International de fin novembre) cherche à se rassurer en recourant à des porcs respectant les normes d’hygiène européennes.

groin

Conséquence directe en France, la demande chinoise fait s’envoler les prix. Alors que l’Association 5A poursuit sa route et accueille des nouveaux membres, certains anciens ne cachent pas leurs inquiétudes à propos de la hausse du prix de leur matière première. En un an, le chaudin, gros intestin du cochon et matière première principale de l’andouillette, a vu son prix augmenter de 30 %. «C’est le monde à l’envers, maintenant les pieds de porc ou les oreilles coûtent plus cher que les jambons…» explique un producteur d’andouille. Un surcoût que les producteurs doivent justifier auprès de leurs distributeurs. Comme le dit Benoît Lemelle, producteur troyen titulaire de 5 A ; « Ce n’est plus la VPF (Viande de Porc d’origine France) mais la VPC, la viande de Porc pour la Chine.»

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