La transparence à la française soulagera-t-elle le désarroi des croquants ?

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barnier_prixLes producteurs laitiers avaient ouvert le bal en bloquant les laiteries industrielles, les agriculteurs de la plupart des départements les ont suivis en bloquant l’approvisionnement des grandes surfaces. Face à l’urgence, Michel Barnier, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche, et Luc Chatel, Secrétaire d’Etat chargé de l’Industrie et de la Consommation se sont engagés le 13 juin à assurer davantage de transparence sur la formation des prix des produits alimentaires.

L’objectif étant d’aboutir à un juste partage de la valeur ajoutée entre le producteur, le transformateur et le distributeur.

Ainsi, une brigade de contrôle de la Loi de Modernisation de l’Economie (LME) composée d’agents de la DGCCRF sera créée avec un chef de file dans chaque région et un interlocuteur identifié dans tous les départements. Les abus, assure-t-on, donneront lieu à des poursuites. Ce système ne concerne pas simplement les agriculteurs mais tous les producteurs qui ont à traiter avec les centrales d’achats. La question est de savoir si le petit charcutier artisanal du Cantal ou du Lot prendra le risque de dénoncer les méthodes de la grande surface locale au risque de se voir déréférencé pour des années ?

L’outil permettant d’assurer cette transparence, c’est l’Observatoire des prix et des marges créé en mars 2008. Michel Barnier a confié que désormais pour obtenir des données plus fiables – ce qui semblait poser problème jusqu’à présent -, les services de l’Etat allaient recourir à des expertises contradictoires et indépendantes pour s’assurer de la validité des données transmises. Des tests ont déjà été réalisés pour la filière pêche ainsi que pour celle du porc. Ils ont permis d’avoir une meilleure approche de la réalité plutôt qu’en recourant aux seuls chiffres fournis par professionnels. Prochains secteurs concernés, les produits laitiers.

lemetayer
Dans le même ordre d’idées Michel Barnier a annoncé la réorganisation et le renforcement des filières et des interprofessionnelles afin qu’elles soient plus solides et plus fortes face aux sept centrales d’achat.

Enfin, une généralisation de l’étiquetage « origine France » des produits alimentaires sera également examinée, a promis le ministre.

Pour leur part, Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA et William Villeneuve, Président des Jeunes Agriculteurs attendent des engagements fermes de la part des acteurs de la grande distribution.

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