Pesticides et vignes, la coupe est pleine

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Mildiou, botrytis, flavescence dorée, oïdium…les fléaux de la vigne ne manquent pas. Le spectre du phylloxera qui a mis à genoux leurs ancêtres explique que les vignerons ont longtemps eu la main lourde sur les pesticides quitte à dépasser systématiquement les doses homologuées. Certains viticulteurs se sont ruinés financièrement -et parfois physiquement. Selon une étude menée par l’INRA en 2005, les phytosanitaires ont pu représenter jusqu’à 25% des charges opérationnelles. Un bon business pour les géants de la chimie BASF, Monsanto autres DuPont.

Aujourd’hui, c’est à croire que tout le monde s’est mis à la viticulture raisonnée. Faute de passer en bio, on affirme partout réduire le nombre de traitements. Mieux vaut tard que jamais. En France, troisième consommateur mondial de pesticides, la viticulture en est le second consommateur derrière les céréales. Soit 20% des pesticides consommés en France utilisés sur 3% de la surface agricole. Celle des vignes.
Malheureusement, côté consommateurs, une étude publiée fin mars 2008 réalisée par le réseau d’organisations non gouvernementales PAN-Europe (Pesticides Action Network Europe) est venue confirmer la présence systématique de résidus dans tous les vins conventionnels. (lire ci-contre) Et pas des moindres en termes de notoriété…

Monsanto
Le roi de l’OGM ne craint pas d’affirmer dans son site dédié à son Roundup pour la viticulture que son produit est respectueux de la vigne, du sol et du vin. Il a été condamné par le Tribunal de Lyon en janvier 2007 pour publicité mensongère pour son Round-Up destiné aux particuliers qui contrairement à la pub laisse des traces. Mais peut-être s’agit-il d’un autre Roundup…

L’étude PAN-Europ
L’étude coordonnée par PAN-Europe a porté sur 40 bouteilles de vin rouge en provenance de France, d’Autriche, d’Allemagne, d’Italie, du Portugal, d’Afrique du sud, d’Australie et du Chili. 34 étaient issues de l’agriculture conventionnelle et 6 de l’Agriculture Biologique.
Les risques : « Au total 15 résidus de pesticides différents ont été détectés parmi les vins conventionnels. Parmi ces résidus trouvés de nombreuses molécules sont des cancérigènes possibles ou probables, des toxiques du développement ou de la reproduction, des perturbateurs endocriniens ou encore des neurotoxiques.» Même si aucun n’a dépassé les limites maximales autorisées, l’étude a relevé dans certains vins testés des quantités jusqu’à plus de 5800 fois supérieures aux Concentrations Maximales Admissibles (CMA) autorisées par pesticide dans l’eau du robinet !

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