Quand Nestlé défend la « culture alimentaire à la française ? »

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La Fontaine aurait sans doute troussé une jolie fable sur l’enflure du Coq Français au lendemain du classement du repas à la française au patrimoine de l’humanité par l’Unesco. Concert de louanges, fierté retrouvée, symposium et multiples débats télévisés. Comment ne pas se réjouir d’une démarche unique basée sur l’histoire et cette géographie des contrastes propres à la France ?

Et si Molière avait été invité aux premières assises de la fondation Nestlé le 18 novembre, n’y aurait-il pas vu quelque Tartuffe célébrant l’alimentation française… Hôte de la cérémonie, Martial Rolland, le PDG de Nestlé France a salué ce « capital inestimable de la culture alimentaire française ». Au Trocadéro, le n°1 mondial de l’agroalimentaire -et annonceur majeur- avait réunit pour ces premières assises intitulées « Cultures alimentaires françaises : l’actualité du plaisir » une jolie tranche du gratin mediatico-gastronomico-universitaire français dans un esprit de consensus.

Il s’agissait de remettre quatre « Nids d’Or » récompensant des initiatives concrètes de « bons comportements alimentaires » dotés chacun de 10 000 € (voir encadré) saluant des projets innovants. Des expériences dans des écoles ou des maisons de retraite visant à promouvoir une meilleure alimentation. Le jury présidé par l’académicien Erik Orsenna comprenait des chefs comme Cyril Lignac et Pierre Hermé, une sénatrice, Catherine Dumas, des universitaires et des professeurs de médecine. Une journaliste du Monde animait les débats et, dans la salle, on pouvait remarquer des « people » comme Hermine de Clermont-Tonnerre. Bref, personne ne manquait pour associer Nestlé à la Vertu alimentaire…

dumasInterrogée sur une quelconque contradiction entre sa présence et la défense de la gastronomie française, la sénatrice Catherine Dumas (ci-contre), présidente du Club parlementaire de la Table Française ne voyait pas du tout de problème. Dans son discours quelques minutes auparavant, elle avait parlé à propos du classement de l’Unesco de «sursaut national pour promouvoir l’éducation au goût … et de la nécessaire transmission des savoir-faire culinaires…»

Tant il est vrai que parmi les critères retenus par l’Unesco, il est fait mention d’un patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente … Et pourtant.

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