McDonald’s, l’obésité durable mine durablement l’image

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Dans sa quête sans fin de l’apparence de la vertu, McDonald’s cherche à conjuguer durable et national. En amont, cela passe par la constitution de filières agricoles (poulet, bœuf, céréales, pommes de terre, salade). Avec des mois de débat avec les acteurs pour chercher à réduire l’empreinte agro-écologique.

On assiste aujourd’hui à la mise en place d’un système de « fermes de références » pourvoyeuses de « bonnes pratiques agricoles » pour les autres agriculteurs avec des visites bientôt ouvertes au grand public. On y rencontre des agriculteurs francs du collier qui cherchent à progresser, replantent des haies et diminuent le recours aux phytos. Une démarche saluée même par des profs de la Sorbonne dans le journal du groupe…

mccafe
En aval, cette démarche s’accompagne d’une francisation du McDonald’s. On insiste sur le repas à la française, on débite des macbaguettes, on crée des espaces cafés, on sert du charolais et du burger au cantal.
Patatras ! Alors que McDo est sur le point d’apparaître comme cet acteur responsable œuvrant au développement durable dans l’hexagone, un grain de sable venu du berceau américain vient rayer la pellicule de cette belle histoire. Comme une sorte de révolte institutionnelle d’acteurs de premier plan de la société américaine. Ainsi en va-t-il du maire de New-York qui souhaite interdire les sodas de plus de 50 cl et de Disney qui s’apprête à proscrire sur ses chaînes télé les pubs pour fastfoods. Pour qu’il renonce à 1,2 milliards de dollars de recettes, c’est que la ligne rouge est sérieusement dépassée. A onze ans, un enfant américain sur cinq est obèse et 60% de la population est considérée en surpoids.

La France est grosso-modo à mi-chemin. 14,5 % des personnes de plus de 18 ans étaient considérées comme obèses, 31,9 % de la population étant en surpoids. D’ici à vingt ans, on estime que la moitié des enfants pourraient être obèses. Pour eux, c’est un mal-être profond et durable. Pour la planète, cela n’a rien de durable. L’empreinte écologique d’un milliard de personnes en surpoids n’est pas la même qu’un milliard d’hommes de 60 kg. MacDo n’est pas seul mais il est le plus visible, du coup, son engagement dans le « durable » a l’effet d’un mot orwellien. Mais il est peu probable que les médias français sous perfusion aient le courage de Disney. Quant aux élus…

Deux questions à Delphine Smagghe, vice-présidente développement durable McDonald’s France

Après la décision du Maire de New-York d’interdire la vente de sodas en format de plus 50 cl et de celle de Disney de proscrire les pubs de fastfoods sur ses réseaux, McDonald’s ne se retrouve-t-il pas dans l’œil du cyclone ?
Penser que McDonald’s soit à l’origine de l’obésité, c’est faire un raccourci. Que faut-il faire ? Fermer tous les McDo ? La France se distingue des Américains. Nos restaurants se remplissent à l’heure des repas, c’est la tradition du repas à la française. On n’est pas dans le snacking. Voilà pourquoi, nous essayons de concilier notre « américanité » et les attentes des consommateurs français. On développe les « MacBaguette* » et on propose même des sandwiches avec des fromages AOP comme le Cantal ou la Fourme d’Ambert.

Justement à propos de cette tradition française, peut-on espérer voir un jour McDonald’s vendre du vin et renouer ainsi avec deux siècles de civilisation bachique ?
On vend déjà de la bière, mais nous avons des familles et es enfants. Cela semble peu probable que l’on développe ce type d’offre.

*Le Macbaguette pèse 630 Kcal contre 540 Kcal pour le Royal de Luxe. NDLR.

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