L’INAO prend la voie de l’agro-ecologie

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Rapprocher signes de qualité et écologie que voilà une noble intention ! Tant il est vrai que ces AOP et autres IGP ne sont pas toutes vertueuses sur le plan écologique. Ainsi le président de l’INAO, Jean-Charles Arnaud, et Stéphane le Foll, ministre de l’Agriculture, ont signé le 3 mars un avenant au contrat d’objectifs de l’Institut afin de renforcer l’approche agro-écologique pour les signes de qualité. De quoi faire rimer authenticité et biodiversité ?

Autant le préciser d’emblée, rien n’est obligatoire. C’est au bon gré des ODG (Organisme de Défense et de Gestion) qui décideront s’ils souhaitent ou non « verdir » leur AOP, IGP, ou autre Label Rouge. Mais c’est quand même un sérieux changement culturel, si l’on se souvient qu’il y a quelques années encore, les dirigeants l’INAO esquissaient un sourire condescendant lorsqu’on abordait l’écologie On ne boudera donc pas son plaisir…

En attendant, l’INAO fait mention d’actions concrètes en AOP fromagères. Par exemple en AOC Beaufort, avec une obligation de pâturage, dès la fonte des neiges et dès que les conditions le permettent (95 % des animaux montent en alpage de mai à septembre).

A la Coopérative du Beaufortain, le fromager fait "sonner" les meules.

A la Coopérative du Beaufortain, le fromager fait « sonner » les meules.

Ou plus audacieux, avec l’AOP Crottin Chavignol grâce à une démarche destinée à créer des synergies entre éleveurs de chèvre et céréaliers  autour de la production de luzerne. Avec deux objectifs souhaités : l’amélioration de l’autonomie fourragère locale pour les éleveurs et le maintien du potentiel des sols en intégrant une culture qui limite le recours aux phytosanitaires pour les céréaliers.

Question fromages AOC, difficile de ne pas penser à d’autres produits où subsistent de sérieux points noirs. A commencer par la pratique de l’ensilage (Cantal) ou le recours au soja OGM dans l’alimentation des vaches pour certains fromages, normands notamment. Maupassant aurait sans doute troussé un conte grinçant en découvrant que le camembert pouvait provenir de lait de vaches -pas forcément normandes…- nourries aux tourteaux de soja OGM brésilien.

Enfin, dans les IGP relativement exemplaires, les Fermiers de Loué méritent leurs lauriers. Engagés sur une alimentation de 80 % de céréales locales non OGM, ils sont également autosuffisants en énergie grâce au solaire et à l’éolien. Ils se sont mis à planter du soja bio. Sommes-nous à l’origine d’un changement chez nos céréaliers ? Cela aurait de quoi susciter une onde de peur chez les responsables de BASF et autres Syngenta dont la santé économique demeure excellente en dépit du plan Ecophtyo2 ?

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