Demande d’IGP pour les porcs du Sud-Ouest

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Après les canards, un autre bon client pour le maïs du Sud-Ouest ?

Le Comité national des indications géographiques protégées de l’INAO a approuvé, le 30 juin 2011, le projet de cahier des charges « Porc du Sud-Ouest » dans la perspective de son enregistrement IGP par la Commission Européenne. 1 144 exploitations sont impliquées dans cette appellation pour 1,5 millions de porcs abattus.

Ll’IGP porc du Sud-Ouest couvre les régions Aquitaine, Midi-Pyrénées et Poitou-Charentes.
Reste à savoir en quoi cette IGP est qualitative pour le consommateur ? N’est-elle pas plutôt destinée à satisfaire un lobby du maïs du sud-ouest toujours plus puissant. En effet, le seul aspect saillant du cahier des charges de ce porc du Sud-Ouest porte sur l’alimentation des porcs. Le maïs doit représenter un minimum de 30%. Sinon le porc doit avoir un poids minimum 90 kg, soit à peine 5 kg de plus qu’un porc standard ? On est donc très loin d’un porc lourd de 120 à 150 kg qui fait les bons jambons. Ne parlons pas des cochons des fameux Jamons Iberico nourris aux glands et à l’herbe des pâturages. Question omega 3, il faudra donc repasser.
En tout cas, le dossier d’agrément n’hésite pas à mettre en avant le côté ancestral du maïs dans le Sud-Ouest. Alors qu’on le sait, l’augmentation exponentielle des surfaces cultivées ne remonte qu’aux trente glorieuses. Cette extension du maïs s’est faite grâce aux primes à l’irrigation de Bruxelles initialement destinées aux canards… On en voit le résultat aujourd’hui sur les nappes phréatiques.

Derrière le cochon du Sud-Ouest, le spectre de l’eau.
Car il faut oublier l’assiette pour penser au verre d’eau. Qui dit maïs et porc, suppose une consommation d’eau élevée. A l’heure où le gouvernement présente des mesures pour s’adapter aux changements climatiques à venir -réchauffement et sécheresses à répétition-, cette demande d’IGP porc du Sud-Ouest peut sembler bien anachronique.

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Le maïs a besoin d’eau, 2 millions de litres d’eau par hectare. Les subventions européennes à l’irrigation pouvaient aller jusqu’en 2003 jusqu’à 530 €/ha. Ce n’est que grâce à elles que le maïs a pu se développer à ce point dans le Sud-Ouest. Sans elles, le maïs ne serait pas aussi développé et rentable. Mais le niveau des nappes phréatiques serait peut-être plus haut… Le drame c’est que l’Etat Français a décidé de maintenir le montant des subventions. Sur ce point, dans son rapport de 2010 « l’Eau et son droit » le Conseil d’Etat se montre plus que critique…

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