Consommation de viande en France

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Produits carnés, la consommation en berne, malgré l’envolée des « blanches » 

Depuis douze ans, les Français mangent de moins en moins de produits carnés. C’est la principale conclusion d’une étude de FranceAgriMer sur l’évolution de la consommation française de viande depuis 40 ans.

Et pourtant, entre 1970 et 1998, les Français étaient devenus chaque année un peu plus carnassiers. Leur consommation de viande était passée de 77,6 kg/ec* (équivalent-carcasse) à 95,5 kg/ec. Or, depuis 1998, la consommation stage voir décroit. En 2009, elle est tombée à 87,8 kg/ec. Cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus vaste qui a vu les ménages diminuer de moitié la part du budget consacré à l’alimentation. Entre 1960 et 2006, elle est ainsi passée de 25 % à 12 %… Pourquoi la viande aurait-elle été épargnée par le phénomène ? Entre l’entrecôte de bœuf et l’abonnement au portable il faut choisir.

Moins de viandes mais plus de blanches…

Dans le détail, ce sont les viandes blanches (porcs et volailles) qui se développent face au bœuf. Ainsi, la volaille s’est envolée tandis que le porc a maintenu ses positions. De 16% en 1970, la part des gallinacés représente aujourd’hui 28%. Un Français consomme 24 kg de volailles chaque année. Cette évolution s’est faite au détriment de la viande bovine qui a baissé de 10% en presque 40 ans.

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Le porc a maintenu ses positions tout comme les produits ovins à 4%. Le cheval a, lui, quasiment disparu des assiettes. 
Est-ce si étonnant que l’escalope de poulet ou de dinde et le jambon aient pris le dessus sur le filet de bœuf si on songe aux élevages porcins géants de la Bretagne et au développement contemporain des hard discounters ? Les linéaires de ces derniers sont davantage garnis d’escalopes de volailles et de tranches de jambons tristounettes que de bons rôtis de bœuf beaucoup plus onéreux ? 
Dommage que l’étude de FranceAgriMer, qui visiblement ne veut fâcher personne, n’apporte pas un début d’explication sur le prix de la viande bovine française, beaucoup plus chère que celle produite au Royaume-Uni, en Irlande ou en Allemagne si l’on se base notamment sur les prix de Rungis. (lire notamment à ce sujet notre dossier viande bovine)

Une chose est sûre : le prix de la  viande n’a pas suivi celui des écrans plats. Quelles qu’elles soient toutes ont d’avantage augmenté que l’évolution des prix en général. Mention spéciale pour le veau et la volaille. Paradoxalement, le porc dont les céréales constituent l’essentiel de l’alimentation est la viande qui augmente le moins par rapport aux autres. Les éleveurs porcins pressurés par les grands groupes de charcuterie l’ont d’ailleurs rappelé avec éclat à l’été 2010 avec une campagne de stickage des jambons Madrange et consorts.

Bon à savoir :
Moins de viande consommée hors du domicile
Si la part de viandes consommée hors foyer avait beaucoup évoluée entre 1980 et 1992, passant de 12 à 23%, elle est retombée à 20% en 2009.
Les Français sont classés au 8ème des consommateurs de viandes dans l’Union Européenne, juste derrière l’Allemagne.

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