Après les fromages, c’est au tour des charcuteries d’être stickées

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Pas de traçabilité pour les cochons ! France, d’où vient ton sauciflard ?

porc_stickage_VPFQuelques semaines après les producteurs laitiers, c’est au tour des éleveurs porcins de se lancer dans une campagne de stickage des produits vendus en grande surface. Les entreprises visées sont celles qui « ne jouent pas le jeu » sur l’origine de la viande de porc et qui s’approvisionnent à l’étranger. Ainsi, les produits Madrange, Herta, ou Aoste pourraient être recouverts de belles étiquettes fluo indiquant « origine inconnue, exigez VPF » (Viande de Porc Française). Alors que la profession avait tenté de relancer la marque Viande Porcine Française en février, les salaisonniers français ou étrangers, ne semblent pas vouloir jouer le jeu d’une traçabilité qui pourrait améliorer le sort des éleveurs français.

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Il est vrai que les jambons d’Auvergne réalisés avec des porcs danois ou allemands sont légion. (Lire le coup de gueule de Paul Auffray, secrétaire général de la Fédération sur ce sujet). Mais il est vrai aussi qu’il n’y a pas assez de jambons pour satisfaire la demande en France. « Il faudrait des cochons à six pattes » explique un professionnel. Du coup, chaque année, une proportion significative des vingt-six millions de porcs qui passent dans les abattoirs français viennent de l’étranger.
En attendant, le nombre d’éleveurs porcins français ne cesse de baisser. Ils sont encore 8000 mais la concurrence avec leurs homologues d’Allemagne ou d’Espagne, respectivement premier et deuxième producteur européen sans oublier le Danemark, ne faiblit pas. Ainsi, sur les sept premiers mois de l’année 2010, le prix du porc est en recul de 4,12% par rapport à 2009 avec une moyenne mensuelle de 1,14 euro le kilo. Et ce, alors que le prix de l’aliment augmente, notamment du fait de la spéculation sur les céréales liée aux incendies russes.

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Au contraire des produits laitiers, où les groupes fromagers comme Lactalis sont français, dans le cas des groupes de charcuterie, il y a bien des Français comme Fleury Michon, mais il y a aussi des géants américains comme le groupe Smithfield (Aoste, Cochonou) ou Herta, filiale du Suisse Nestlé. Bref, en matière de cochonnaille, pas question de faire vibrer la fibre nationale !

Lire : Producteurs laitiers et producteurs de fruits et légumes relancent leurs actions

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