Charcuterie, la FICT continue de tirer la sonnette d’alarme

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La Fédération française des industriels charcutiers traiteurs (FICT) n’en finit plus de tirer la sonnette d’alarme depuis octobre 2011. En plein débat national sur la santé chancelante des PME françaises, lors de ses assises, elle en a remis une couche sur les difficultés rencontrées par les PME charcutières.

L’augmentation générale des charges fait également dangereusement baisser les marges. Bien sûr, il y a la reprise des cours du porc, 13% en un an. L’élevage sourit, et la salaison pleure. Mais nombre de morceaux dit bas ont connu des augmentations jusqu’à 50%. Ils prennent la route de la Chine ce qui renchérit le prix de spécialités charcutières françaises que l’on croyait à l’abri, comme le bas intestin pour l’andouillette ( lire notre article).

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Evidemment la grande distribution en prend pour son grade avec raison. « Nous pensons qu’il est temps et vital de prendre enfin la défense des PME. Plus que des mots nous attendons, dans cette circonstance « gravissime », des actes, et que nos clients distributeurs acceptent immédiatement les augmentations indispensables au maintien d’une offre diversifiée de charcuterie en France » expliquait-on à la FICT. « La FICT en rajoute un peu dans l’exagération car même si on a eu du mal on a réussi à répercuter les hausses de coûts » explique un charcutier.

Reste que la FICT est un peu comme la FNSEA. Les gros et les petits sont dans un même ensemble mais les intérêts des uns ne sont pas forcément ceux des autres. En clair, certains petits charcutiers souffrent plus que les autres. Et quand les petits trinquent, les gros les absorbent. Du coup, le mouvement de concentration de la charcuterie française ne semble pas prêt de ralentir. A preuve en quelques années, de 500 entreprises de plus de 30 personnes, on est passé à 300 entreprises. Et sur ce point, cela ne va pas si mal pour tout le monde. Ainsi en va-t-il de Monique Piffaut. C’est un peu la « Liliane Bettancourt de la charcuterie ». Sa fortune selon le magazine Challenges serait passée en un an de 220 millions à 240 millions d’Euros. Via sa société la Financière Turenne Lafayette (CA : proche du milliard d’euros) elle contrôle les marques Paul Prédault, Montagne noire, Madrange.

La recherche de la marge absolue pousse parfois ces grands groupes à sérieusement tailler dans le gras. Ainsi en va-t-il de la fermeture par le groupe Aoste de son usine de salaisons « Calixte » à Boffres en Ardèche. Une usine fondée en 1859. Le groupe justifie la fermeture par la nécessité de regrouper ses activités tranchage sur son site d’Aoste (Isère). Les 80 salariés ardéchois se sont mis en grève le 18 juin pour exiger des meilleures indemnités et appeler au boycott des produits du groupe comme Justin Bridou.
Aoste fondée en 1976 est désormais détenue par le groupe espagnol Campofrío Food Group propriété du groupe américain agro-industriel Smithfield Foods. Elle possède les marques Justin Bridou, Aoste, Jean Caby, Calixte et Cochonou. Elle commercialise également la marque Weight Watchers …

L’industrie charcutière représente 300 entreprises de toute taille employant 36 000 salariés et produisant 1,2 million de tonnes de charcuteries, salaisons et produits traiteurs. La FICT est le porte-parole de l’industrie de la charcuterie et agit pour promouvoir les intérêts des entreprises du 4ème secteur de l’industrie alimentaire français.

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