Carrefour et le Jambon de Bayonne IGP

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Carrefour et le Jambon de Bayonne et l’IGP, paravent de vertu ?

bayonne_carrefourGonflés les gens de Carrefour ! En plein « Mois de l’origine et de la qualité  » promu par l’INAO, ils vous vendent sur leur site Ooshop, 100 grammes de jambon de Bayonne en présentant comme une AOP (Appellation d’Origine Protégée), ce qui n’est qu’une IGP (Indication Géographique Protégée). Façon sans doute de faire passer la pilule du prix : 39€/kg. Alors que le prix du cochon payé au producteur ne dépasse pas 1,30 € le kg…

C’est tout le problème du jambon de Bayonne et de son IGP. En l’occurrence, un sigle de qualité destiné à servir de paravent de vertu à une pratique productiviste qui ne sert ni les producteurs, ni l’environnement. Ainsi dans le cahier des charges de l’IGP Jambon de Bayonne, les porcs peuvent venir de 22 départements du sud-ouest. Des cochons élevés sur caillebotis dans le noir où la seule qualité attendue est l’hygiène du process.

Au contraire de bien des producteurs charcutiers du Massif Central ou du pays basque dont on trouve les produits dans les bistrots de Paris et qui payent aux producteurs leurs cochons plus chers, pour qu’ils soient plus gros et mieux nourris. Et qui parviennent à proposer des superbes jambons secs à des prix allant de 25 à 32 € le kg….

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Pour le reste, compte tenu des prix payés aux producteurs des porcs pour le Bayonne, faut-il s’étonner que les élevages porcins du sud de la France par exemple, dans le Gers, soient chaque année moins nombreux. Pourtant les grosses coopératives de vente d’aliments continuent d’encourager la création de porcheries industrielles. Une enquête publique est en cours actuellement en Sud-Aveyron pour une porcherie de 5000 têtes. Elle suscite l’opposition de nombre de riverains qui craignent que les rejets de lisiers ne polluent le Tarn. Tandis que d’autres pointent l’absence d’intérêt local puisque les cochons sont, eux aussi, destinés à Carrefour et au Jambon de Bayonne et non aux salaisonniers locaux … Il n’empêche, le projet est soutenu par la chambre d’agriculture d’Aveyron et surtout par la FIPSO (coopérative Filière Porcine du Sud-Ouest – 600 000 porcs /an) dont le n°2 est également un élu de la Chambre d’Agriculture. Illustration du verrouillage d’une certaine agriculture ?

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